
Fil conducteur du voyage, les moyens de transports dans leur multitude et leur diversité ouvrent la porte de mésaventures inégalables plus ou moins plaisantes mais souvent inoubliables.
S’il fallait énumérer tous les moyens de transport que le voyageur peut être amené à emprunter au cours de ses périples, on obtiendrait une liste hétéroclite et pittoresque dans laquelle, la traction animale côtoierait les véhicules à haute performance technologique pour des vitesses de déplacement allant de trois à neuf cents kilomètres à l’heure.
Le voyageur n’a pas le ticket dans les transports collectifs locaux et personne ne lui fait de cadeau bien au contraire. Il devient momentanément un usager au même titre que les autochtones et aucun privilège ne lui est concédé. Soumis aux codes du cru qu’il lui vaut mieux connaître, dans la proximité voire la promiscuité d’un confort aléatoire, il lui est alors possible de savourer un moment de vie locale dans une ambiance brouillonne et désordonnée.
Patience et longueur de temps pour les déplacements au long cours qui créent immanquablement des liens plus ou moins tenus et plus ou moins durables. Sang froid et sérénité pour les déplacements minimes dans de modestes véhicules à deux ou trois roues, uniques en leur genre dont le chauffeur prend tous les risques pour vous conduire le plus rapidement possible vous débarquant blême et sans voix mais bien content d’être arrivé indemne à bon port. Résistance et vigilance pour les trajets juchés sur le dos d’animaux plus ou moins dociles et facétieux toujours prêts à vous abandonner au bord du chemin si l’occasion s’en présente.
Circuler, il y a tout à voir ! Emprunter ce que vous voulez pour voyager mais osez le transport populaire qui prend le temps du déplacement au rythme du pays visité. Transports en commun qui n’ont rien de commun et transportent dans tous les sens du terme laissant des souvenirs impérissables. Emotions garanties.



Nous attendions l’ouverture de l’observatoire. Un enfant jouait à cache cache autour de la statue de Milan Rastilav Stefanik. Il n’avait cure de cette figure légendaire qui fut l’un des fondateurs de l’Etat tchécoslovaque indépendant. Cet homme au destin hors pair, pilote émérite et astronome illustre, suivit une partie de ses études à l’observatoire astronomique de Meudon. Stefanik obtint la citoyenneté française en 1912, entra dans l’armée en 1914. En 1918, il fut nommé général de l'Armée française et décoré de l'ordre de la Légion d'honneur. Cet homme engagé dans l’action politique ne rêvait que par les étoiles. Il observa les cieux depuis plusieurs pays d’Amérique latine et d’Afrique. La comète Halley et l'éclipse de soleil le conduisirent en Polynésie, en 1910. Il mourut en 1919 dans l’accident de son avion, il n’avait pas quarante ans.
Le 29 mars 2003, il y avait un trou dans la coque. L’escale de Bora Bora a été plus longue que prévue, les marins ont allégé l’avant du bateau pour remonter la ligne de flottaison afin de pouvoir ressouder une plaque de métal. Et puis, le Vaeanu est reparti avec plusieurs heures de retard sur son horaire habituel. A bord, nous avons repris nos activités, dormir beaucoup, manger beaucoup et parfois, se laisser aller à la rêverie accoudé au bastingage, le regard perdu sur l’océan Pacifique. Rien ne vaut les voyages au long cours pour échanger quelques tranches de vie avec les autres passagers. Non, vraiment l’avion ne peut en aucun cas rivaliser avec les charmes du Vaeanu. Enfin, un peu, juste pour l’arrivée sur Bora Bora parce que la vue aérienne du lagon est tout de même époustouflante.


