<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730</id><updated>2012-02-16T04:57:39.207-08:00</updated><category term='sri lanka'/><category term='autriche'/><category term='cargo'/><category term='bibliographie'/><category term='perles de mer'/><category term='istanbul'/><category term='russie'/><category term='polynésie'/><category term='grèce'/><category term='abécédaire'/><category term='République Tchèque'/><title type='text'>éclats de mémoire</title><subtitle type='html'>Les voyages sèment des souvenirs en éclats qui sont autant de récits à partager. bon vent !</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>35</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-5795790545327190822</id><published>2009-07-19T11:46:00.000-07:00</published><updated>2009-07-19T11:56:49.468-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='perles de mer'/><title type='text'>Coupe de cheveu à la mode soviétique</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SmNsEIcrnKI/AAAAAAAAAUY/M1E564KgLU0/s1600-h/canaries.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5360246799744081058" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 270px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SmNsEIcrnKI/AAAAAAAAAUY/M1E564KgLU0/s400/canaries.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Santa Cruz de Ténériffe, port de pêche.&lt;br /&gt;Seul bar à la ronde : une baraque en planche en plein centre du terrain vague qui longeait le môle, quatre tables sur le devant et trois à l’intérieur près d’un comptoir bancal. Un homme qui semblait revenu de tout et collait bien à ce paysage désolé faisait tourner l’affaire. Il nous allait bien ce troquet posé là, au milieu de nulle part. Nous n’avions pas le choix d’ailleurs, à moins de parcourir cinq kilomètres pour aller en ville boire une bière fraîche. La chaleur troublait l’air en vagues ondoyantes dans lesquelles tourbillonnait la poussière. De l’océan, tout proche, nous n’entendions que la musique, le port nous tournait le dos. L’établissement se voulait terrestre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce jour-là, l’équipage d’un chalutier russe occupait toutes les tables de ce café improbable. Les marins soviétiques sortaient rarement. Tous leurs bateaux étaient suspectés de pratiquer l’espionnage en plus de la pêche. C’était une probabilité forte. Le monde se divisait encore en deux blocs bien distincts : Est et Ouest.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous prêtions à ces hommes des histoires peu communes et des activités indicibles sans bien savoir lesquelles. Certains soirs, à la nuit tombée, une projection rassemblait l’équipage sur le pont : films en noir et blanc dont la pellicule rayée semblait ne plus en pouvoir. De ce que nous en apercevions depuis le quai, il ne s’agissait ni d’une histoire d’amour ni d’un récit d’aventure mais d’une fable guerrière façon réalisme socialiste, le pire du genre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il restait deux chaises libres en bout de table et nous fûmes conviés à nous joindre au groupe qui l’occupait. De l’art de boire à la russe, nous avions déjà expérimenté les effets avec une comtesse - du moins à ce qu’elle affirmait et nous trouvions romantique de la croire – slave, échouée à Paris qui nous servait de la vodka dans de grands verres qu’elle remplissait consciencieusement à ras bord. Une soirée en sa compagnie promettait des lendemains qui déchantent mais sa verve mise au service de récits pittoresques valaient bien ces inconvénients.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les marins avaient commandé de la liqueur de banane qu’ils mélangeaient avec la vodka, cuvée spéciale chalutier. La boisson étaient à notre goût. Verre après verre, les échanges, un peu heurtés dans les premiers temps, se firent de plus en plus animés, en anglais et en gestes. Un officier - nous lui avions attribué ce grade pour sa maitrise de la langue anglaise mais aussi parce qu’il buvait peu et nous supposions qu’il avait en charge le bon déroulement de cette échappée terrestre - traduisait parfois nos propos, il s’appelait Dimitri. J’ai oublié comment nous en étions venus à parler coiffure et chevelure à raccourcir avant la traversée de l’Atlantique. L’un de nos compagnons de tablée affirmait être l’homme de l’art et de la providence, coiffeur du bord qui a immédiatement proposé ses services pour tailler la généreuse tignasse bouclée de mon compagnon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’aventure c’est l’aventure ! Au pied de la passerelle, attendant l’autorisation de monter à bord du chalutier - qu’elle paraissait étroite et longue cette planche alors que le sol se dérobait un peu sous nos pas et que le paysage vacillait - le filet placé entre le bateau et le quai prenait tout son sens, je me demandais si tout cela était bien raisonnable. La curiosité l’emporta. Monter à bord d’un chalutier russe, nous allions faire des jaloux. Entassés dans une cabine, un énorme tas de crevettes sur la table et de la bière russe dans un pichet, la dizaine d’hommes rigolards au milieu desquels je me tenais, observait l’affaire avec attention. Mémorable séance. La coupe de cheveu valait le déplacement. Et clic et clic, les mèches se détachaient et tombaient en silence. Les verres se remplissaient, se vidaient, se remplissaient à nouveau. Profil droit. Commentaires entrecoupés de rires. Profil gauche. Deuxième pichet de bière. Crevettes craquantes. Enfin, l’homme de l’art contempla son œuvre et la déclara parfaite. Cheveu ras sur les côtés, touffu, bouclé et dense au sommet du crâne. L’effet surprenait et prêtait à sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimitri, l’officier nous offrit un petit tour de chalutier, mais tout petit. La salle des machines était d’une étonnante propreté. A l’instant de redescendre vers le quai, périlleuse épreuve, j’ai dû concentrer mes efforts pour viser le quai, mon orgueil aurait trop souffert d’une chute dans les filets. Il n’en a rien était, mon honneur était sauf. Quelques jours plus tard, Dimitri est venu boire un café sur Athanor, notre voilier. Les slaves, incurables romantiques ! Nous avons échangé nos bonnets rouge contre bleu et pour un peu nous en serions venus aux larmes. Plus tard, l’étrave du chalut s’est écartée du quai pointant son nez vers le large. Dimitri allait retrouver sa femme et ses enfants. Dominique avait un océan devant lui et ses cheveux trouveraient bien le temps de repousser pendant la traversée. Il fut la risée de la communauté des navigateurs jusqu’au départ mais ne s’en soucia guère et rit plus souvent qu’à son tour… L’océan s’en souvient encore ….&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;n&lt;strong&gt;ovembre 1977&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-5795790545327190822?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/5795790545327190822/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=5795790545327190822' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/5795790545327190822'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/5795790545327190822'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2009/07/coupe-de-cheveu-la-mode-sovietique.html' title='Coupe de cheveu à la mode soviétique'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SmNsEIcrnKI/AAAAAAAAAUY/M1E564KgLU0/s72-c/canaries.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-3622558063667818359</id><published>2009-07-09T08:28:00.000-07:00</published><updated>2009-07-09T09:21:54.093-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='cargo'/><title type='text'>Cargo : le choix du voyage</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SlYXPZVL-II/AAAAAAAAAUQ/GJ7-aMPBrYE/s1600-h/escale+%C3%A0+Beyrouth.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 258px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5356494360069011586" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SlYXPZVL-II/AAAAAAAAAUQ/GJ7-aMPBrYE/s400/escale+%C3%A0+Beyrouth.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:100%;"&gt;&lt;span &gt;L’engouement pour les voyages en cargo démarrait à peine, vestige d’aventures au long cours où d’intrépides voyageurs demandaient à embarquer pour de lointaines destinations en échange de menus travaux ou bien d’une somme dérisoire pour peu qu’ils acceptent de dormir calés entre les marchandises transportées et donnent un coup de main à quelques manœuvres simples. Ainsi pouvaient-ils se rendre au gré de leurs envies en d’improbables destinations qui les faisaient rêver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, la taille des bâtiments a considérablement augmenté, les équipages, réduits au minimum pour des raisons de coûts mais aussi parce que l’avancée technologique a bouleversé la marine marchande et rendu certains postes superflus, quelques cabines désertées sont désormais réservées à des passagers officiels qui achètent un billet en bonne et due forme et se voient en échange offrir le gîte, le couvert et le sourire du capitaine pour une traversée confortable pouvant néanmoins être modifiée à tout instant pour peu qu’un chargement de marchandises s’annonce dans un port près duquel le porte-container fait route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus question, non plus d’espérer flâner plusieurs jours lors d’une escale qui dure rarement plus de douze heures. Si le cargo accoste en pleine nuit, il arrive qu’il ne soit pas possible de descendre à terre. Ainsi, ai-je ressenti la frustration de ma vie à Alexandrie où le Woclawek,porte container polonais devait décharger et embarquer du fret. Je me faisais une fête de parcourir cette ville, même quelques heures seulement, tant l’œuvre majeure de Lawrence Durrel « Le quatuor d’Alexandrie » avait, pendant des années, nourri mon imaginaire et qu’il m’a été interdit de m’y rendre. Comme je tentais de ruser, les militaires agressifs ont menacé de me conduire au poste mais bien trop en colère pour conserver mon calme, je n’en démordais pas tant et si bien que Jerzy, l’officier en second pressentant que l’affaire risquait de dégénérer est venu me chercher. Quelques jours plus tard, il m’offrait un cendrier qu’une Néfertiti tenait dans les mains et dans lequel étaient gravées les pyramides, accompagné d’un petit mot.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 394px; DISPLAY: block; HEIGHT: 217px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5356483368397548082" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SlYNPmKfqjI/AAAAAAAAAUA/m9tozlOjh7c/s400/mot+jerzy.jpg" /&gt;Après avoir étudié les trajets proposés par les différentes compagnies internationales et le coût du voyage, la Polish Ocean Line a fait souffler le vent du large sur mon désir de mer. Joindre le représentant de cette compagnie n’était pas une mince affaire, Internet n’avait pas encore modifié le monde. Pendant plusieurs jours personne n’a répondu ni à mes appels téléphoniques, ni à mes fax. Puis une voix m’a donné rendez-vous rue Richepance près de la Madeleine. Au jour et à l’heure dîtes, personne n’a ouvert la porte sur laquelle je frappais de plus en plus fort. Impatiente et décidée, j’ai fait le siège assise dans l’escalier, le roman de Joseph Conrad « Emmène-moi au bout du monde » à la main. Une jeune fille s’est enfin arrêtée devant moi en bredouillant, elle s’est excusée et a justifié son retard par un statut d’étudiante et des examens à passer. Quelques minutes plus tard, mon voyage à pris la forme d’une facture en dollars rédigée à la main.&lt;br /&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 228px; DISPLAY: block; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5356483857660889826" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SlYNsEz9yuI/AAAAAAAAAUI/Ze998fcnd5Y/s320/billet.jpg" /&gt;Moments extatiques des préparatifs, montée du désir d’ailleurs, rêveries au long cours et demandes de visas aux ambassades. Bagages : les affaires étalées sur le lit, livres, crayons, carnets, appareil photo, baladeurs cassettes et vêtements, Je ne voulais pas me rater, manquer de pellicules ou de lecture. Pour tout faire entrer dans le sac à dos, il a fallu, éliminer un peu, les vêtements en ont fait les frais. …&lt;br /&gt;Et c’est depuis la Gare du Nord que je me lançais enfin vers le grand large. &lt;p align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Octobre 1995&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-3622558063667818359?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/3622558063667818359/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=3622558063667818359' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/3622558063667818359'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/3622558063667818359'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2009/07/le-choix-du-voyage.html' title='Cargo : le choix du voyage'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SlYXPZVL-II/AAAAAAAAAUQ/GJ7-aMPBrYE/s72-c/escale+%C3%A0+Beyrouth.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-7587733415060826082</id><published>2009-05-05T00:32:00.000-07:00</published><updated>2009-05-05T00:40:22.057-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sri lanka'/><title type='text'>Colombo côté cour</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sf_sZWDavTI/AAAAAAAAAT4/RyOp4TlKaak/s1600-h/colombo+rue+9.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332240403990756658" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 268px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sf_sZWDavTI/AAAAAAAAAT4/RyOp4TlKaak/s400/colombo+rue+9.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Sur la route à peine en état et toujours débordée de véhicules énervés et bruyants qui mène de Bandaranaike International Airport à la capitale, sont dressés des échoppes en tôle et des assortiments de bâtiments que le hasard a plus ou moins aligné sans autre souci apparent que de remplir des espaces laissés vacants. Et, de-ci de-là, quelques bienveillantes divinités hindouistes et bouddhistes qui protègent leurs occupants, se côtoient en toute simplicité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aéroport – centre ville, une quarantaine de kilomètres. A proximité des zones de fret, apparaissent les usines textiles, bâtiments aux formes fonctionnelles et sans âme qui se succèdent, à peine entrecoupés par de petits terrains plantés de quelques arbres qui se demandent bien ce qu’ils font là. Il était tôt, les jeunes filles, jupes longues, chevelure balayant les reins, domptée par une attache ou libre comme l’air, avançaient, par deux ou trois, un mètre ou deux entre chaque groupe. Chapelet d’ouvrières se rendant au labeur en procession. Tailler, couper, assembler, coudre, poser les boutons, …les opératrices sur machine à coudre dans la chaleur des ateliers œuvrent 8 heures par jour minimum auxquelles s’ajoutent souvent deux ou trois heures supplémentaires pour un salaire de 500 francs par mois. En bout de chaîne vestes, pantalons, jupes, tee shirts,… des milliers de pièces expédiés au loin. Gap, Calvin Klein, Lewis, … les marques que la mondialisation a déversées sur une grande partie du monde. Une usine moyenne emploie 300 à 400 personnes, en grande majorité des femmes. C’étaient elles, qui ce matin-là, offraient aux voyageurs débarquant sur l’île, une impression de légèreté qui s’estompait au fur et à mesur que nous approchions du centre de la capitale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ville, Odell, magasin classieux fondé par une cinghalaise, vendait le surplus de ces productions à prix intéressants pour les européens. Et, dans un bâtiment rose bonbon, un « Tati » local proposait des vêtements de marque dégriffés dont les prix ne dépassent jamais 500 roupies (50 francs). Le sari et le sarong dont les couleurs enchantent la rue, croisent les tenues occidentales tellement plus neutres et insipides. A Colombo, le vêtement signe le niveau social et l’obligation professionnelle plus qu’une adhésion à un mode de vie ou une affirmation identitaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rajiv, heureux propriétaire d’un tuk tuk rouge, portait pendant la journée, un pantalon sombre avec plis bien marqués, mais laissé à lui-même, le soir, le sarong avait sa préférence. Fier de sa monture d’acier, il l’entretenait avec un soin quasi maniaque. Nous nous étions mis d’accord: « Rajiv, s’il vous plait, emmenez-moi, voir les curiosités de Colombo mais, assez vite et juste les plus importantes. » Le statut de visiteur étranger comporte des obligations, celle, entre autre de visiter les lieux identifiés comme incontournables. Imaginez un américain débarquant à Paris et n’allant pas voir la Tour Effel ou un européen à Moscou qui ne passerait pas par la Place rouge. De quoi auraient-ils l’air en rentrant chez eux, ils seraient moqués pire encore, considérés comme des menteurs. Qui voudrait croire à une telle gaffe touristique, une pareille omission ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le véhicule rutilant filait dans les rues de la capitale en direction de la gare de Colombo Fort. La densité de la circulation en ce lieu atteignait des sommets. Les voyageurs qui débarquaient ou embarquaient ajoutaient au chaos ambiant fait de bruit et de poussière. Face à la gare, de l’autre côté de la chaussée par un pont que seuls les piétons pouvaient emprunter, un quartier métissé, grouillant de monde, patchwork de petites boutiques, de restaurants populaires, de bureaux : le lacis de ruelles de Pettah, le plus vieux quartier de la ville où se nichait un bazar. Rajiv conduisait rapidement avec dextérité et de temps à autre pointait son bras vers un bâtiment faisant un commentaire. Je tendais l’oreille saisissait un mot sur deux ou trois et m’en contentais.&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332240108635097762" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 267px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sf_sIJxJCqI/AAAAAAAAATg/SNjGSfBrQXo/s400/colombo+coordonnier.jpg" border="0" /&gt;Dans le quartier du fort, la période hollandaise avait bien du mal à se maintenir même à l’état de vestiges. Les deux tours de 34 étages du World trade center et quelques autres, toutes de verre et de métal, dominaient désormais la tour de l’horloge ayant résisté à la modernité et aux aléas de l’Histoire. Au croisement de Chatham Street et de Janadhipathi Mawatha elle était devenue un monument historique et s’en contentait, elle qui autrefois, en plus de marquer le temps, brillait dans la nuit pour indiquer la route aux navires. Rajiv fit la première halte devant l’élégante façade du Grand Oriental Hotel. Dans ce fleuron emblématique de la colonisation britannique, Anton Tchekov séjourna en 1890, une plaque apposée dans le hall l’attestait. Colombo était alors une élégante et dynamique cité asiatique, escale obligée entre l’Europe et l’Extrême Orient. La ville se développait. autour du port et l’Oriental hôtel vantait sa situation "à un jet de pierre du débarcadère » Au dernier étage, la vue panoramique ouvrait sur le port. Les grues tendaient leurs bras sur les docks sans aucune cohérence. Quelques cargos et un pétrolier patientaient paisiblement dans les eaux troubles. Un soupçon de délabrement saupoudrait l’ensemble. La course folle en tuk tuk reprit de plus belle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rajiv pratiquait le bouddhisme au temple Gangaramaya, ce fut notre seconde halte. L’éléphant enchainé bandait et se dandinait misérablement, il me faisait de la peine. Dans la grande salle, bouddha dominait les fidèles du haut de ses cinq mètres entouré de bouddhéités colorés dans un état d’intense béatitude. Dans la cour, quelques femmes arrosaient l’arbre qui aurait vu naître le boddhisattva. Les petites lanternes répandaient une odeur douçâtre d’huile de coco en se consumant. Rajiv accomplit ses dévotions et notre périple prit fin devant la maison de mes hôtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils logeaient dans une luxueuse demeure du Cinnamon gardens, quartier résidentiel tirant son nom de l’épice qui fit une partie de la renommée de Ceylan. D’anciennes résidences coloniales abritaient les ambassades. Les check point y étaient nombreux, Les militaires semblaient s’y ennuyer ferme. Certaines rues étaient barrées. Le conflit avec les tamouls s’était apaisé mais sans être réglé et la capitale restait sous surveillance. Ce lieu privilégié respirait le calme et le luxe. Il y avait comme une invisible frontière entre ce quartier protégé de tout, et le reste de la ville, la franchir vous plongeait aussitôt dans un tourbillon animé, frénétique et bruyant comme si le rideau d’une pièce de théâtre se levait soudain sur une gigantesque fresque.&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332239996559581170" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 265px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sf_sBoQQX_I/AAAAAAAAATY/cDd33YUBYZY/s400/colombo+fruits.jpg" border="0" /&gt;Des mille façons de parcourir la ville pour en établir une géographie personnelle, j’avais opté pour le hasard, le petit bonheur la chance. Se faire les semelles sur les trottoirs de Colombo, permettait de saisir de petites parcelles de vie et de mieux sentir les ambiances contrastées que chaque quartier distillait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours de mes déambulations je glanais mille et une scènes qui enrichissaient le récit de la ville :&lt;br /&gt;- L’homme se rasait à même le trottoir, le miroir accroché à un arbre.&lt;br /&gt;- Sur la chaussée, des corneilles disputaient aux chiens et aux chats faméliques quelques résidus informes.&lt;br /&gt;- Les militaires, mitraillettes au poing, surveillaient d’un œil distrait la circulation sur Galle road, veillant sur la sécurité des habitants, la menace d’attentats perpétrés par les tamouls planait toujours.&lt;br /&gt;- Le marché étalait avec abondance fruits et légumes, les épiciers chinois supervisaient le rangement des marchandises en rayon.&lt;br /&gt;- Les vendeurs et leurs échoppes ambulantes égayaient les chaussées de vives couleurs : fabrication de clefs, réparation des moteurs, vente d’enjoliveurs, de fruits, de billets de loterie, de casseroles, de bassines en plastique,…..&lt;br /&gt;- Un homme portant un sarong déchiré dormait à même le sol.&lt;br /&gt;- Les bus étaient pris d’assaut par des foules pressantes sur Galle road.&lt;br /&gt;- Un buffle tirait un chariot sur lequel était juché un homme portant chapeau.&lt;br /&gt;- Sur Galle road encore, the Barefoot workshop, offrait une halte apaisante .&lt;br /&gt;- A l’affiche du cinéma le film américain « Qui veut sauver le soldat Ryan ? »&lt;br /&gt;- Pour quelques roupies, des magasins spécialisés proposaient toute sorte de logiciels piratés, de jeux, d’images…&lt;br /&gt;- Un moine choisissait avec soin un billet de loterie vendu par une jolie cinghalaise.&lt;br /&gt;- Le « Mac Donald » faisait vraiment déplacé avec sa façade en verre si propre dans laquelle se reflétait la vétusté ambiante.&lt;br /&gt;- Sur Paradise road, une boutique assez chic vendait des couverts en coco à manche coloré.&lt;br /&gt;- Dans un petit café, le jus d’ananas fraichement pressé se laissait apprécier.&lt;br /&gt;- Sur un bras du lac, un pêcheur ayant lancé sa senne ne ramenait que sacs plastiques, papiers, bouteilles. &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332240273538560114" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 262px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sf_sRwFMMHI/AAAAAAAAATw/oxeFBlzbEvU/s400/colombo+rue.jpg" border="0" /&gt;- Dans le quartier de Kollupitiya, proche du lac Beira , l’université s’agrémentait de grands parcs pour de paisibles balades.&lt;br /&gt;- Le mur du ministère de l’industrie s’ornait d’un mural vantant les vertus du travail.&lt;br /&gt;- Une mère de famille négociait auprès d’un vendeur, un morceau de poisson pour le déjeuner.&lt;br /&gt;- Les chiens galeux et les chats squelettiques s’approchaient craintivement d’un homme qui raclait une assiette dans le fol espoir de récupérer quelques miettes qui pouvaient en tomber.&lt;br /&gt;- Un mécanicien amateur tentait de réparer pour la vingtième fois la pièce défaillante du moteur d’un bateau avec un fil de fer.&lt;br /&gt;- Le coiffeur dans le fond de son minuscule salon agitait ses ciseaux dans la chevelure d’un homme béat.&lt;br /&gt;- Perahera mawatta longe le Beira lake qui se déploie en plusieurs quartiers de la ville. Dans un petit champ séchaient en permanence des dizaines de draps, de serviettes sur des ficelles tendues entre des piquets de bois. Ce décor, ondulant doucement au vent dissimulait un lavoir, grand bassin en pierre sous la halle en bois autour duquel hommes et femmes savonnaient, frottaient et rinçaient le linge posé en pile à leur côté. Rires et gouttes d’eau mêlés s’évaporaient vite au soleil.&lt;br /&gt;- Sur la plage, un corbeau lâchait le morceau de plastique rose qu’il avait saisit dans son bec tandis qu’un de ses collègues s’acharnait sur une tête de poisson séché. &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332240178863708146" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 257px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sf_sMPY8l_I/AAAAAAAAATo/I1BnKFYYaqs/s400/colombo+check+point.jpg" border="0" /&gt;Le coucher du soleil était modeste ce soir-là, bâclant sa prestation comme pressé d’en finir, il se précipitait à vive allure dans l’océan indien, pas de quoi pavoiser. A la nuit, les barrages gardés par des militaires qu’il ne fallait pas taquiner, fermaient certains axes de la capitale. La circulation s’apaisait et la ville tentait pendant quelques heures de se remettre des désordres du jour. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Février 2001&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-7587733415060826082?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/7587733415060826082/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=7587733415060826082' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7587733415060826082'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7587733415060826082'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2009/05/colombo-cote-cour.html' title='Colombo côté cour'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sf_sZWDavTI/AAAAAAAAAT4/RyOp4TlKaak/s72-c/colombo+rue+9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-8082038593560376325</id><published>2009-05-04T07:37:00.001-07:00</published><updated>2009-05-12T00:10:00.286-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bibliographie'/><title type='text'>Bienvenue en Molvanie</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sf79vz7bcbI/AAAAAAAAATQ/wGVs6voxO2U/s1600-h/molvanie.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5331978006688395698" style="margin: 0px auto 10px; display: block; width: 300px; height: 383px; text-align: center;" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sf79vz7bcbI/AAAAAAAAATQ/wGVs6voxO2U/s400/molvanie.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Succès planétaire pour le guide sur la Molvanie, traduit dans plus de treize langues dont les ventes atteignent des sommets. Un joyaux de l’art du pastiche qui mérite le voyage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a une quinzaine d’années, au cours d’un voyage au Portugal, las de ne visiter que des cathédrales en chantier, trois compères australiens : Santo Cilauro, Tom Gleisner et Rob Sitch devenus les auteurs du guide de la Molvanie, se sont lancés dans les commentaires plus ou moins délirants sur ce qu’ils voyaient. Ainsi a démarré l’aventure de la Molvanie, un pays imaginaire qui n’existe que par son guide, unique ouvrage au monde consacré à ce pays que les trois australiens hilarants ont rédigé dans un grand éclat de rire. Une parodie de guide, réjouissante jusqu’à l’agacement par ces clichés encore très vivaces sur l’ex-URSS.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Molvanie &lt;em&gt;« Le pays que s’il n’existait pas, faudrait l’inventer »&lt;/em&gt; est située aux confins de l’Union européenne et de l’ex-URSS. Un pays au climat rude et à la population un peu rustre. La monnaie s'appelle le strouble, mais, en période de guerre ou de crise, les locaux acceptent l'ail. Lufenblag, la capitale molvane, cité cosmopolite dotée d’un grand nombre de night-clubs « entre techno-transe et mazurka » et qui accueille des événements internationaux d’importance comme le championnat mondial de pétanque en 1998.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le touriste en mal d’exotisme ne sera pas déçu. La lecture du guide consacré à ce petit pays donne envie d’y faire un tour pour éprouver sa résistance aux dangers qui semblent être légion dans cette contrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Concernant l'hébergement, le guide conseille notamment le U Tri Hradjna, 233 Sv Nazjonal, qui vient d'être élu «plus bel hôtel» par les lecteurs d'Euro Vue, le trimestriel du voyageur malvoyant. Les gourmets se rendront au Restaurant pivotant (Gastrotournicotij) avec vue panoramique. Compter six mois pour une rotation complète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le reste du guide est à l’avenant… et tout y passe, la culture, l’hébergement, les mœurs, l’histoire, les fêtes….. Une aventure sans risque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Quatrième de couverture&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Patrie de la polka et de la coqueluche, la Molvanie est une destination souvent négligée par les touristes, mais grâce à ce guide Jetlag entièrement remis à jour, le visiteur enthousiaste pourra désormais profiter de l'un des secrets les mieux gardés de l'Europe de l'Est. Tout ce que vous devez savoir est dans ce guide : Ceux qui voudront éviter les hordes de touristes choisiront la " morte saison " - autrement dit l'hiver ou pendant le Lutenblag Jazz Festival. Un court trajet en bus, et vous voilà à la Pensjon Prazakuv. Vu de l'extérieur, cet hôtel sans prétention semble minable, vieillot et insalubre. C'est le cas. Le Varji est une pizzeria extra proposant d'intéressantes garnitures : le " suprême d'anchois à la figue ", par exemple, à manger ou vomir à la maison. Livraison gratuite dans un rayon de 100 mètres. Différentes activités sont proposées sur le lac : ski nautique, planche à voile, parachute ascensionnel (délicat compromis entre le parapente et le suicide). Les pickpockets sont présents dans les principales gares. Ne quittez pas vos affaires des yeux. S'il vous manque quelque chose, le mieux est d'aller voir un Guarjda Civilje. Il n'est pas impossible qu'il soit l'auteur du larcin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Extraits&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« En Molvanie, chaque saison présente ses avantages. Le printemps et l’automne sont très humides ; l’hiver connaît un froid glacial. En été, la chaleur peut être oppressante. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Après la guerre, la Molvanie, sous tutelle soviétique, subit de longues années de privations. Le tournant eut lieu en 1982, au moment de la chute du célèbre Mur de Lutenblag, due moins à une réforme démocratique qu'à un défaut de construction. La disparition du symbole du joug communiste amena néanmoins la Molvanie à procédera ses premières élections démocratiques, en 1983. Elles furent remportées par le général Tzoric, ex-chef d'état major - victoire écrasante, au sens propre, puisqu'en pleine campagne électorale, les membres du parti d'opposition disparurent dans un effondrement. Tzoric et son Parti Rzelic restèrent au gouvernement jusqu'en 1989, avant d'être évincés par le tout nouveau Parti de la Paix, qui s'empressa de déclarer la guerre à la Slovaquie et à la Pologne. Une trêve fut finalement décidée. Malheureusement, ce fut le début d'une grave période de récession pour la Molvanie, qui atteignit son apogée avec la grève de Treize Ans, les ouvriers abandonnant leurs postes pendant 4745 jours pour protester contre les projets de réduction des primes de vacances.En 1997, la Molvanie demanda à entrer dans l'Union européenne. Cependant, le processus d'intégration fut retardé, la Molvanie refusant l'accès aux inspecteurs spécialistes des armes biologiques.Aujourd'hui, le pays oscille entre l'ancien et le nouveau monde. Membre à titre conditionnel de l'OTAN, la Molvanie est bien notée par le FMI, mais doit encore officiellement condamner l'envoi des sorcières au bûcher. Les carences en termes de services publiques, de santé et d'éducation sont préoccupantes, bien qu'il existe neuf chaînes de télévision publiques. Malgré ces contradictions - ou peut-être grâce à elles - les visiteurs sont chaque année plus nombreux à vouloir goûter les charmes de la Molvanie. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;A picorer en cas de déprime, les grands voyageurs apprécieront…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La Molvanie, le pays que s'il existait pas, il faudrait l'inventer &lt;/strong&gt;&lt;a href="http://recherche.fnac.com/ia481789/Rob-Sitch"&gt;&lt;strong&gt;Rob Sitch&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;, &lt;/strong&gt;&lt;a href="http://recherche.fnac.com/ia666485/Tom-Gleisner"&gt;&lt;strong&gt;Tom Gleisner&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;, &lt;/strong&gt;&lt;a href="http://recherche.fnac.com/ia666484/Santo-Cilauro"&gt;&lt;strong&gt;Santo Cilauro&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Editions Flammarion&lt;br /&gt;Paru en 10/2006&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.blogger.com/www.molvania.com/molvania/"&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-8082038593560376325?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/8082038593560376325/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=8082038593560376325' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/8082038593560376325'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/8082038593560376325'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2009/05/bienvenue-en-molvanie.html' title='Bienvenue en Molvanie'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sf79vz7bcbI/AAAAAAAAATQ/wGVs6voxO2U/s72-c/molvanie.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-7513333549076300531</id><published>2009-03-23T09:42:00.000-07:00</published><updated>2009-03-23T09:47:15.658-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='autriche'/><title type='text'>Dans l’ombre du troisième homme</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sce8WT5A6zI/AAAAAAAAATI/SDqzN3Th2kw/s1600-h/3e+homme.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5316424976616713010" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 291px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sce8WT5A6zI/AAAAAAAAATI/SDqzN3Th2kw/s400/3e+homme.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;"&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Et comme disait cet ami : l'Italie sous les Borgia a connu 30 ans de terreur, de sang... mais ça a donné Michel Ange, de Vinci et la Renaissance. La Suisse a connu la fraternité, 500 ans de démocratie et de paix. ça a donné quoi ... Le coucou"&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;strong&gt;Réplique d'Harry Lime à Holly Martins scène de la grande roue&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;"The third man" réalisé par Carol Reed&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inoubliable Orson Welles incarnant Harry lime, personnage sombre et ambigu comme la Vienne de l’après guerre. « Le troisième homme », classique du 7e art, primé à Cannes en 1949, conserve une aura telle que l’office de tourisme de la capitale autrichienne organise un circuit des lieux où se sont déroulées les scènes mythiques du film.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fais partie des aficionados de ce chef d’œuvre cinématographique. Je l’ai vu et revu, tant et si bien que certaines images me viennent spontanément en mémoire, les ombres menaçantes qui s’étirent sur les pavés luisants, l’inoubliable rencontre entre Joseph Cotten alias Holly Martins et Orson Welles alias Harry Lime dans une cabine de la grande roue du Prater, les retrouvailles incongrues des deux hommes sous le porche du 8 de la Schreyvogelgasse. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;Une esthétique irréprochable, des personnages d’une grande présence, un cadrage innovant, une musique inoubliable, c’est à peine si le film a pris une ride. Le cinéaste a su capter l’ambiance trouble et inquiétante qui régnait dans la ville dans le contexte historique de la fin des années quarante. Vienne y apparaît comme un personnage à part entière et les images sublimes de Robert Krasker l’immortalise dans la posture du Phénix renaissant de ses cendres. Je n’ai pas suivi la visite organisée mais j’ai glissé mes pas dans ceux du troisième homme avec un certain plaisir. Les égouts en moins, dommage ! &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;Mon enthousiasme débordant pour « Le troisième homme » a finit par convaincre Karine et Sylvie de venir avec moi voir le film qui passe deux fois par semaine tout au long de l’année au Burg Kino, un cinéma sur le ring. La salle est petite, 66 fauteuils, les places sont numérotées. Nous n’y avions pas prêté attention et nous nous sommes installées où bon nous semblait ce qui nous a valu d’être vite délogées et remises à nos places attitrées avec un rien d’irritation. Un public cosmopolite venu revoir ce film culte remplissait la salle. Ma voisine mangeait des bonbons, et le bruit des papiers qu’elle dépliait m’a agacé les nerfs pendant un tiers de la séance. La pellicule était à peu près correcte à l’exception de deux scènes légèrement tronquées. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;L’histoire s’ouvre et se referme dans les allées du cimetière central. Certes, la ville a pris un autre visage, le soleil brille et la grande roue se dresse au milieu d’un vulgaire parc d’attraction. Mais à la nuit tombée dans le centre déserté, l’atmosphère oppressante du film surgit au coin des rues et au numéro 5 de la Josephplatz, on s’attend à ce que le concierge ouvre une fenêtre et nous interpelle. Un soir mimant une scène du film à mes deux amies, un homme s’est approché de nous et croyant que je dansais nous a donné l’adresse d’une boite de nuit. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;« The third man » est toujours bien vivant pour ses admirateurs et le temps ne semble avoir aucune prise sur lui, bien au contraire. Eternel troisième homme !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Novembre 2003&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-7513333549076300531?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/7513333549076300531/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=7513333549076300531' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7513333549076300531'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7513333549076300531'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2009/03/et-comme-disait-cet-ami-litalie-sous.html' title='Dans l’ombre du troisième homme'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/Sce8WT5A6zI/AAAAAAAAATI/SDqzN3Th2kw/s72-c/3e+homme.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-7241862911338491555</id><published>2009-02-13T12:12:00.000-08:00</published><updated>2009-02-13T12:59:51.090-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sri lanka'/><title type='text'>Inauguration à Remuna Vidyalaya</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SZXW30gF8YI/AAAAAAAAASI/LsSzPrLVDRk/s1600-h/inauguration+2.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302380390773027202" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 258px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SZXW30gF8YI/AAAAAAAAASI/LsSzPrLVDRk/s400/inauguration+2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Colombo s’étire en banlieues interminables qui paraissent se déliter au fur et à mesure que l’on s’éloigne du centre ville comme si le temps s’accélérait brutalement faisant vieillir les bâtiments jusqu’à les anéantir. Le soleil avait séché les pluies nocturnes. Les monceaux de poubelles dans lesquels quelques ruminants fouillaient, s’entassaient sur les bas-côtés de la route, confortables amortisseurs en cas d’accident. Mes compagnons rirent beaucoup lorsque je leur parlais de tri sélectif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Débarquée la veille au Sri Lanka, j’avais à peine eu le temps de me familiariser avec la conduite automobile. La règle voulait que les véhicules roulent à gauche mais c’était juste la théorie, en pratique, il semblait qu’aucun code de la route ne s’appliquât ici ou si peu. Les voitures louvoyaient entre les touk-touk, tentaient des dépassements sans visibilité, klaxonnaient énormément. Sur les routes de campagne, le conducteur se calmait à peine bien qu’il n’ait plus qu’à éviter les nombreux cassis, les titubants vélos, les audacieux ou insouciants piétons qui empiétaient sur la chaussée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les prairies se découpaient en carrés formant un échiquier verdoyant. Sur les unes les paysans faisaient les foins sur les autres, les buffles, hiératiques, mastiquaient sereinement. Les villages se succédaient à de brefs intervalles, Tous dessinés selon un même schéma : ils s’égayaient dans les champs par de petits chemins de traverse à partir d’un amas de maisons simples et de rares commerces qui encadraient la route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partout, un calme sans remous excepté à Remuna Vidyalaya dans le district d’Horana. Dans ce village de la province de Colombo, l’effervescence était palpable bien avant d’atteindre les quelques habitations qui formaient le centre du bourg. Le ministre de la province ouest, Reginald Cooray, était attendu pour l’inauguration d’un centre de soutien à l’enseignement de anglais et le comité d’accueil peaufinait sa mise en scène. Le directeur de l’Education de la région W.B.M. Saddharatna supervisait les opérations.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302384325067148322" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 283px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SZXac046DCI/AAAAAAAAASY/SiIFLRlR8hg/s400/inauguration+3.jpg" border="0" /&gt;Sue, l’amie qui m’accueillait, était l’invité d’honneur en qualité de directrice du British council. Elle m’avait entrainée dans son sillage. Une trentaine de centre avait déjà ouvert sur le territoire. Ils permettaient l’apprentissage de l’anglais dès l’école primaire et le soutien aux enseignants à travers des ateliers. Ce projet mis en place par le gouvernement du Sri Lanka était dirigé par le British council. L’anglais n’était plus la langue officielle depuis l’indépendance du pays en 1948 mais était parlé par les citadins, les professionnels du tourisme et ceux qui avaient étudié. Le cinghalais et le tamoul, les deux langues parlées n’offraient pas tant d'avantages pour trouver du travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302382089602701554" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 273px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SZXYatIpmPI/AAAAAAAAASQ/czQwRnptfiY/s400/inauguration+1.jpg" border="0" /&gt;Le « zonal english support centre » de Horana avait été installé dans plusieurs salles d’un bâtiment qui abritait également des classes. Lui faisant face, une seconde bâtisse dont le mur en brique de la façade ne s’élevaient qu’à un mètre du sol, laissant visible des salles de cours. Entre les deux, une cour en terre battue. Quelques massifs de bougainvillées frissonnaient sous une brise légère. Un oiseau mouche, le bec plongé dans une corolle, peu soucieux de l’agitation ambiante se délectait du nectar d’hibiscus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le directeur de l’éducation, les membres du conseil de développement de la région et quelques autres personnalités patientaient dans la cour. Le retard fait partie des coutumes locales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un car brinquebalant laissa échapper un groupe de jeunes musiciennes en sari portant fièrement leurs instruments. Une institutrice en sari elle aussi comme toutes ses collègues, leur attribua une place tout en leur détaillant le déroulement de la cérémonie. Les filles en tenue traditionnelle formaient une haie d’honneur. Dans leur coiffure sophistiquée brillaient de petites chaînes dorées Mais l’éclat de leur sourire et leur pétillant regard éclipsaient le reste.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302385126754387730" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 273px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SZXbLfaChxI/AAAAAAAAASg/gJaZcnjD_Y0/s400/inauguration+7.jpg" border="0" /&gt;L’attente se poursuivaient gaiement. La chaleur s’accentuait sensiblement. On réajusta les robes, mousseline rose à volant, des fillettes qui devaient remettre les bouquets de fleurs. Puis chacun repris la pause et l’astre solaire en profita pour atteindre son zénith. Enfin dans la vapeur des chaleurs de midi, le véhicule officiel figea le temps. Puis telle une boite à musique ornée de figurines dont on aurait remonté le mécanisme, les danseurs virevoltèrent, les fillettes saluèrent et le cortège des invités se mit en branle. Derrière les talus, une grappe d’écoliers en uniforme blanc, pouffaient à en perdre haleine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plaque dévoilée, le ruban coupé, la visite des lieux, un rituel qui mettait en scène un coq en bronze autour duquel brûlaient des bougies  et personne capable de me l’interpréter enfin les discours. Tout cela me rappelait furieusement les dizaines de cérémonies auxquelles j’avais assisté en tant que journaliste, à tel point que le correspondant venu couvrir l’événement me taxa d’une pellicule photo. Entre chaque intervenant qui ne manquait pas de dire tout le bien qu’il pensait de cette initiative et remerciait abondamment les uns et les autres, de petits numéros préparés par les enfants égayaient l’assistance. Quelques pas de danse, quelques notes de musique, l’un des enfants imitait le cris des oiseaux à s’y méprendre. Thé, boulettes de légumes, riz cuit au lait, bananes, scellèrent le moment dans une convivialité empreinte de respect. La cérémonie était réussie, ce nouveau centre de soutien à l’anglais ouvrait sous de favorables auspices.&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302386028015225234" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 195px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SZXb_83XiZI/AAAAAAAAASo/oyY1-UF4g6k/s320/inauguration+5.jpg" border="0" /&gt;Dans les classes, penchés sur leur livre de cours, les petits écoliers studieux, pratiquaient quelques exercices de lecture. Un retentissant « good morning » salua mon passage. Les institutrices ne parlaient pas anglais. Nos échanges se firent à travers des sourires et des gestes et elles n’en étaient pas avares.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme à l’aller, le retour à Colombo fut agitée mais déjà, je n’y prêtais plus trop d’attention, le pays commençait à m’apprivoiser. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Février 2001&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-7241862911338491555?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/7241862911338491555/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=7241862911338491555' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7241862911338491555'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7241862911338491555'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2009/02/inauguration-remuna-vidyalaya.html' title='Inauguration à Remuna Vidyalaya'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SZXW30gF8YI/AAAAAAAAASI/LsSzPrLVDRk/s72-c/inauguration+2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-1597657180341038688</id><published>2009-01-21T10:01:00.000-08:00</published><updated>2009-01-21T10:53:10.660-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='polynésie'/><title type='text'>Causer en polynésien : l’art de parler en A</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SXdr4s3uOyI/AAAAAAAAAQ4/2QXvhRqJ-ZA/s1600-h/marchÃ©+12.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293818508859030306" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 278px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SXdr4s3uOyI/AAAAAAAAAQ4/2QXvhRqJ-ZA/s400/march%C3%A9+12.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; Le premier jour, j’ai vite appris les trois mots polis et courtois indispensables en toutes circonstances : iaorana : bonjour ; nana : au revoir ; mauruuru : merci (petit entraînement nécessaire pour bien l’avoir en bouche) Et deux autres incontournables : é : ouiaïta : non&lt;br /&gt;e se prononce é - u se prononce ou - r est rrrrrrroulé - h aspiré&lt;br /&gt;Mais après…. pas facile de se motiver pour apprendre le polynésien alors que le français est parlé et compris partout. Ce n’est pas l’usage que j’en aurais ailleurs qui incitait à l’effort. Mais à l’entendre parler et n’ayant pas une activité cérébrale intense à fournir, j’ai fini par capter et capturer quelques mots. Je dois avouer que les séances linguistiques au bar de Maupiti en compagnie des tanés du coin ont beaucoup fait progresser mon vocabulaire.&lt;br /&gt;Allez jouer au scrabble en polynésien, pas facile ! &lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L'alphabet tahitien ne comprend que 13 lettres : 5 voyelles : a, e, i, o, u 8 consonnes : f, h, m, n, p, r, t, v &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293820109134704370" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 267px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SXdtV2XLLvI/AAAAAAAAARA/OSNYezDJ9QQ/s400/perliere+4.jpg" border="0" /&gt;Un soir après une discussion sévère sur la guerre - parler de la guerre face à un lagon, une bière à la main, ça vous a des airs décalés et irréels – j’ai suggéré le métissage du polynésien avec une langue qui agglutine les consonnes, le polonais par exemple, histoire d’équilibrer voyelles et consonnes. Oh la !, ça les a tous remis d’accord contre cette idée aussi sotte que grenue. Identité culturelle, patrimoine linguistique m’a t’on asséné sans ménagement… oui d’accord mais …. pour jouer au scrabble ce serait plus simple. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;En quelques mots&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;ceux qui reviennent souvent dans les conversations :&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;ava : alcool ; vahine : femme ; tane : homme&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;taofe : café ; popaa : les blancs ; fenua : terre&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;va'a : pirogue ; vanira : vanille ; râ : soleil ;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;tamâ'araa : repas ; ma'o : requin ; fare : maison ;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;motu : îlot ; ià : poisson ; manu : oiseau&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;ceux qui me plaisaient mais que je n'ai jamais pu glisser dans une conversation :&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;riri : fâché ; ta'ata fa'a'apu : agriculteur ;&lt;br /&gt;ta'ata pâpa'i ve'a : journaliste ; ta'ta fa'i rata : facteur ;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;maramarama : intelligent ; mea maoro roa : longtemps ;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;tau faafaaearaa haapiraa : vacances scolaires&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Allez, je vous laisse vous entraîner un peu.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;em&gt;Ia orana ite matahiti api&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;Mars 2003&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-1597657180341038688?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/1597657180341038688/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=1597657180341038688' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/1597657180341038688'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/1597657180341038688'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2009/01/causer-en-polynsien-lart-de-parler-en.html' title='Causer en polynésien : l’art de parler en A'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SXdr4s3uOyI/AAAAAAAAAQ4/2QXvhRqJ-ZA/s72-c/march%C3%A9+12.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-337445821586881288</id><published>2009-01-10T06:02:00.000-08:00</published><updated>2009-01-21T09:34:07.347-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='abécédaire'/><title type='text'>Nocturnal</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SWirFszkNmI/AAAAAAAAAQg/rjn66_VZx3c/s1600-h/eminomu+nuit+3.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5289665876761785954" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: pointer; HEIGHT: 258px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SWirFszkNmI/AAAAAAAAAQg/rjn66_VZx3c/s400/eminomu+nuit+3.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: center" face="arial"&gt;&lt;i&gt;En une seule nuit s’éveillent toutes les peurs du monde et tous les espoirs aussi.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;?xml:namespace prefix = o /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoTitle" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;&lt;p class="MsoTitle" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;Les pléiades d’étoiles évoluent sur une partition connue. Le Scorpion se couche lorsque se lève Orion, et la Croix du Sud n’illumine que le ciel austral. Contempler les constellations et s’étonner d’en voir le parcours subir la déformation de l’espace que le voyage lui applique avec plus ou moins d’amplitude. Et, malgré cette carte céleste, s’égarer éperdument dans la voie lactée vers l’imaginaire de l’insensé. &lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoTitle" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoTitle" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;La nuit se relie à l’obscure qui dilue la réalité diurne dans le flou. Le crépuscule amorce le chemin vers le versant de la vie noctambule, celle des rencontres improbables et éphémères. Lorsque les ombres s’allongent et que s’installe l’ombre profonde, les paysages se métamorphosent et les règles sociales basculent. Lieu d’intimité et de confidences tout autant que de fêtes et de dérision, la nuit établit ses rites spécifiques. &lt;/p&gt;&lt;p class="MsoTitle" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;Lumière artificielle qui distille une douceur blafarde et au coin d’un bar, quelques habitués viennent rêver que toute nouvelle présence dérange et intrigue. La nuit, les bouteilles sortent plus facilement et rapidement de même que les mots, plus incisifs et plus lointains et la musique plus rauque et suave. &lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;S’égarer dans la nuit n’est pas toujours aisé. Les ténèbres portent en elles frayeurs et fantasmes. Pour s’aventurer dans l’obscurité, affronter les fantômes, appréhender les méandres de circuits complexes ; les endroits à éviter ou les lieux de rencontres, l'initié de l'ombre aide à baliser le chemin. Cette réalité vaut partout, plus encore en voyage mais en elle se niche tant de promesses et d'outre-temps que l'oubli de ses peurs ouvre sur l’inconnu.&lt;/p&gt;&lt;div style="FONT-FAMILY: arial; TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-337445821586881288?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/337445821586881288/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=337445821586881288' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/337445821586881288'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/337445821586881288'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2009/01/nocturnal.html' title='Nocturnal'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SWirFszkNmI/AAAAAAAAAQg/rjn66_VZx3c/s72-c/eminomu+nuit+3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-7909572298793999862</id><published>2008-11-30T04:18:00.000-08:00</published><updated>2008-11-30T05:24:03.252-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='autriche'/><title type='text'>Poésie anarchitecturale</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/STKL9oL72VI/AAAAAAAAAPQ/JOqkY_FHZmA/s1600-h/kunsthaus+17.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274432004480031058" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 262px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/STKL9oL72VI/AAAAAAAAAPQ/JOqkY_FHZmA/s400/kunsthaus+17.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;« L’art pour l’art est une aberration ; l’architecture pour l’architecture est un crime »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;F. Hundertwasser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vienne, ville orgueilleuse exhibe sur la rive gauche du Danube un tel classicisme à travers une architecture fastueuse qu’il faut bien se demander quel vent de fantaisie a soufflé sur la municipalité pour qu’elle passe commande à Friedrich Hundertwasser au début des années 80 du projet de la Hundertwasser-haus de la Lowengasse et de la réhabilitation de la centrale d’incinération d’ordures ménagères et de chauffage urbain sise à Spittelau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« L’homme a trois peaux, la sienne, ses vêtements et sa maison Toutes ses peaux doivent se renouveler grandir et changer.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;F. Hundertwasser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses manifestes – « Droit à la fenêtre – droit à l’arbre », « Manifeste de la moisissure », « Manifeste de la Sainte-Merde » - prônent une philosophie architecturale basée sur la réhabilitation du rapport homme – nature qui exclue la ligne droite et le conformisme. En 1968, il proteste nu à Vienne contre l’architecture rectiligne et stérile. Malgré cette aura sulfureuse et subversive, certains élus autrichiens sensibles à la peinture et aux énoncés théoriques de l’artiste ont sollicité ce docteur es architecture pour des réhabilitations et des créations d’espaces heureux. Hundertwasser a donc semé ses sculptures habitables un peu partout dans le pays et dans le monde comme autant de malicieux sourires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’habitat heureux&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274434980959162690" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 269px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/STKOq4b3EUI/AAAAAAAAAPg/zxnXxWAumXs/s400/kunsthaus+22.jpg" border="0" /&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;« Quand nous laisserons la nature repeindre nos murs…. Ils deviendront humains et nous pourrons à nouveau vivre. »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;F. Hundertwasser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis sa construction, dans le 3e arrondissement de la capitale autrichienne, à proximité du Danube, la Hundertwasser-haus est l’objet de toutes les curiosités. En 1985, le jour de la présentation de cet édifice au public viennois, 70 000 visiteurs sont venus le visiter. Victime de son succès, les touristes se succèdent tout au long de l’année. Ils débarquent parfois par cars entiers au grand désespoir des locataires de ces logements sociaux. Par chance, la saison n’était pas celles des grandes migrations touristiques et nous étions peu à contempler cette façade bariolée de lignes ondoyantes dans laquelle l’architectonique de l’artiste s’exprime pleinement. Les colonnes baroques en céramique, les deux clochers à bulbes, le sol inégal, l’alignement irrégulier des fenêtres et l’intégration spatiale des arbres expriment les convictions du créateur. Rien ne lasse le regard. En face dans ce qui fut autrefois le garage Kalke, le « village marchand » qui vaut d’être visité jusque dans les toilettes. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274433300386269090" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 321px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/STKNJD0Dx6I/AAAAAAAAAPY/KZgO89gY4X4/s400/kunsthaus+11.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;A proximité, la Kunst-haus-Wien, réhabilitation d’une ancienne fabrique de meubles qui abrite 4 000 m2 d’exposition. Seule dans les salles du musée, je savoure avec délectation les toiles lumineuses d’Hundertwasser, le peintre. Les gardiens ne sont pas trop pointilleux et me laissent passer et repasser sur le sol ondulé, me pencher par les ouvertures pour voir comment les arbres s’enracinent sur les balcons afin de mettre leurs branches aux fenêtres et m’approcher suffisamment des toiles pour en apprécier la texture. Sur la terrasse, les potirons joufflus s’exhibent fièrement sur les tables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le musée et le village ne perçoivent aucune subvention. L’artiste avait l’âme d’un manager, il a su intégrer la composante économique de cet ensemble par une organisation autonome et pérenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le palais des déchets&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;em&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274435577303959042" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 274px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/STKPNl_ihgI/AAAAAAAAAPo/DNwg7GLEv7E/s400/wien+incinerateur+h+2.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;« Même dans les rues toutes droites conçues à la règle, la trace de l’homme évolue comme une ligne organique »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;F. Hundertwasser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Spittelau, la centrale d’incinération des ordures ménagères et de chauffage urbain de Vienne a été confiée en 1988 à Hundertwasser pour subir une métamorphose radicale. Le bâtiment industriel a ainsi changé de peau pour prendre des allures de palais oriental. Du haut de sa centaine de mètres, la cheminée telle un minaret domine la ville. A mi-hauteur, elle s’orne d’un bulbe en émail doré qui à la nuit tombée brille de tous ses feux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fait doux, les étudiants s’attardent sur l’esplanade qui sépare la centrale de l’université. Le marchand de marrons chauds est sorti de sa cabane pour se mettre au soleil. Là-haut, le panache de fumée s’évade vers les nuages. Personne ne semble se soucier d’une éventuelle nuisance de ce site de traitement des déchets.&lt;br /&gt;Les émanations de dioxyde de carbone sont pratiquement nulles. L’artiste y a veillé pour être en cohérence avec ses engagements. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274436203962607202" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 252px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/STKPyEempmI/AAAAAAAAAPw/Rhv2UoqwH40/s400/wien+incinerateur+h+6.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Si le bâtiment décline le répertoire d’Hundertwasser – architecte, il attire beaucoup moins de touristes que l’îlot du 3e arrondissement et c’est bien dommage. Hundertwasser a eu toutes les audaces pour que ces volumes, tristes et laids sur lesquels s’abîmait le regard, rehaussent le paysage urbain d’une manière spectaculaire. Un palais pour les déchets, une belle leçon d’alchimiste pour une mise en application du « manifeste de la Sainte-Merde ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’église œcuménique&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274436728788382834" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 272px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/STKQQnm0dHI/AAAAAAAAAP4/3Vrgc1szF6o/s400/barnbach+church+17.jpg" border="0" /&gt; &lt;em&gt;« Lorsqu’un seul homme rêve, ce n’est qu’un rêve. Mais si beaucoup d’hommes rêvent ensemble, c’est le début d’une nouvelle réalité. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;F. Hundertwasser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Styrie, Hundertwasser a également été appelé au chevet de quelques espaces en quête d’un nouveau regard. Certes le département de cancérologie de l’hôpital universitaire de Graz relooké par l’artiste ne se visite pas mais à quelques kilomètres de la ville, en pleine campagne, Bärnbach, petit village très tranquille a fait de sa modeste église catholique Sainte-Barbara, un lieu inspiré. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274437804882582514" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 270px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/STKRPQXq2_I/AAAAAAAAAQI/6YRkdj37l-g/s400/barnbach+church+10.jpg" border="0" /&gt;Se rendre à Bärnbach peut se révéler périlleux pour peu qu’on ne regarde pas où l’on met les pieds. Le pauvre homme qui nous avait gentiment renseigné sur le quai de la gare de Graz en a fait les frais. Lorsqu’il est descendu de la micheline à Flochbach, il a trébuché sur les rails et s’est retrouvé en vrac à mes pieds, la tête en sang. Le chef de gare s’est chargé du blessé tandis que nous allions prendre le car pour Barnbäch. Deux personnes sont montées avec nous puis sont descendus quelques arrêts plus loin et nous sommes restées seules dans l’autobus. Nous ayant déposé, il a poursuivi sa route sans passager à travers les verdoyantes vallées. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5274437247828039122" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 259px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/STKQu1LhFdI/AAAAAAAAAQA/8FUFx6hNqso/s400/barnbach+church+8.jpg" border="0" /&gt; L’église se dresse à la sortie du village, le clocher est couronné d’un bulbe d’or et les murs s’ornent de symboles bibliques. Impossible de s’y tromper c’est bien le style d’Hundertwasser. Le baptême d’un enfant, nous ouvre les portes du lieu qui restent closes en dehors des cérémonies religieuses. L’intérieur a conservé une grande sobriété à l’exception du maître autel qui est surmonté d’une auréole d’argent. Le génie de l’artiste est d’avoir semé autour de ce sanctuaire, des portiques à la manière des tori des temples shintoïstes sur lesquels s’inscrivent les symboles des grandes religions du monde dans une vision planétaire de la spiritualité.&lt;br /&gt;Morne matinée, nous étions les uniques visiteuses et nous avions même l’impression d’être arrivées dans un village déserté. Le bar d’en face était fermé. A l’intérieur, des jeunes attablés devant des bières célébraient un événement mais nous avons eu du mal à comprendre lequel. Intrigués par notre présence, ils nous ont ouvert les portes pour nous offrir une boisson chaude et n’en ont pas cru leurs oreilles lorsque nous avons satisfait leur curiosité en leur expliquant que nous étions venus ici pour visiter l’église. Notre réponse leur a semblé une parfaite incongruité. A l’autre bout du village, une manufacture de verre fait le plein de touristes. Ils achètent la verroterie et s’en retournent sans même un regard pour l’église. Ici, les marchands du temple attirent plus que les lieux de culte, fussent-ils exceptionnels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Novembre 2003&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-7909572298793999862?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/7909572298793999862/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=7909572298793999862' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7909572298793999862'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7909572298793999862'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/11/posie-anarchitecturale.html' title='Poésie anarchitecturale'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/STKL9oL72VI/AAAAAAAAAPQ/JOqkY_FHZmA/s72-c/kunsthaus+17.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-6426259405376036228</id><published>2008-11-13T04:17:00.000-08:00</published><updated>2008-11-13T04:40:23.200-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='cargo'/><title type='text'>Ulysse et les cargomaniaques</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SRweqQF3CdI/AAAAAAAAAPA/HSwHVdZrTMs/s1600-h/cargo+hambourg-1087.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268119375339522514" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SRweqQF3CdI/AAAAAAAAAPA/HSwHVdZrTMs/s400/cargo+hambourg-1087.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;« Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage….. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Catherine Domain tient la barre de la librairie Ulysse depuis bientôt quarante ans. Elle flaire le voyageur dès qu’il franchit la porte de sa boutique. A son allure, à la petite lueur qui brille dans ses yeux, à sa façon de regarder autour de lui, elle sait le chemin parcouru.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années 70, plutôt que de nous rendre au restau U, nous allions rêver le midi dans le local étroit qui venait d’ouvrir sur l’île saint Louis. Là s’entassaient les récits, guides et autres documents de voyage dans lesquels nous puisions nos itinéraires futurs. L’Inde et l’Afghanistan étaient les destinations « tendance » du moment. Une librairie de voyage, c’était pour nous le bout du monde. Puis les années ont passé. La librairie s’est à peine agrandie en se déplaçant de quelques dizaines de mètres. Les rêveurs ont suivi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Catherine a depuis fondé le cargo club. Tous les premiers mercredis de chaque mois à l’exception du mois de janvier, à partir de 18 heures 30, les « cargo-maniaques » férus de voyages au long cours se réunissent pour discuter de leurs projets, pour prendre conseils ou entendre le récit d’un passager revenu des mers lointaines. On y apporte son apéro, quelques friandises à grignoter et la magie des rencontres fait le reste. Le 4 octobre 1995, Jean.Louis. Bilweis, exposait des aquarelles qu’il avait réalisées sur le « Birgit Jurgens ». Un périple qui partait de Hambourg pour le conduire en mer d’Irlande. Il en ramenait des illustrations de la vie à bord, des portraits de marins et des paysages de mer, un exercice difficile dont il s’était brillamment sorti. Catherine avait installé les tableaux sur des filets de pêche. Présente, toujours accueillante et chaleureuse, un petit mot pour chacun, un sourire pour les autres. Les habitués s’apostrophent. L’étroitesse d’un lieu n’a jamais empêché quiconque de s’évader par-delà l’horizon. Nous voilà embarqués pendant quelques heures pour des périples sans fin. L’équipe de Thalassa filme quelques scènes. L’alcool aidant, les timides prennent de l’assurance, les voix s’affirment, les langues se délient. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268116002078352034" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 294px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SRwbl5tuYqI/AAAAAAAAAO4/QaLsR5jBF4c/s400/cargo+hambourg-1054.jpg" border="0" /&gt;Colette et Paulette ne sont jamais montées sur un cargo mais conservent un souvenir magnifié d’une remontée des canaux du midi en péniche. La haute mer pourrait bien être leur prochaine destination. Nicolas aimerait bien partir mais il n’a pas le temps et son voyage il le fait tous les mois à la librairie Ulysse. Michèle, médecin, la soixantaine bon chic bon genre, revient d’un tour de Méditerranée sur un cargo de la Polish Ocean Lines, un circuit similaire à celui que je vais entreprendre. J’y retrouverai le même équipage qui se souviendra d’elle comme d’une femme tranquille. Et ce petit monsieur tout rond, qui sent bon le savon, rayonnant d’un bonheur simple, des étoiles plein les yeux. Lui aussi a parcouru la Méditerranée. Il répond naturellement à toutes mes questions et saupoudre son propos de quelques recommandations :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Penser aux quarts de nuits, le moment des confidences »&lt;br /&gt;« Apportez beaucoup de livres, le temps est une denrée abondante à bord des cargos »&lt;br /&gt;« Ne vous chargez pas, il y a lessive et machine à laver »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Trois jeunes filles l’interrogent sur la vie à bord, l’une d’elles a un projet artistique et voudrait savoir si elle pourra tendre ses toiles sur le pont.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Avec le vent ce ne sera pas commode mais les marins se feront un plaisir de vous aider à fixer la toile sur le pont »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Et puis, il y a Chouca qui, vient d’apprendre qu’ elle abrite un cancer de la vésicule, inopérable. Pas question de se laisser faire comme ça. Un voyage en cargo relève du défi pour la vie. Allez plus vite que la maladie pour lui faire un pied de nez. La rage d’un espoir fou qui s’alimente aux feux d’une détresse en forme de sanglots dans la voix.&lt;br /&gt;Jean-Marie promène sa silhouette distinguée au milieu du groupe, quinze ans, capitaine au long cours et quinze ans, capitaine du port de Marseille. A la retraite, il écrit, voyage et vient de terminer une psychanalyse qui a duré vingt ans. Toute une vie ! C’est dans le loft d’un hôtel qu’il occupe à deux pas de la librairie que les naufragés de la soirée viendront s’échouer.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Hugo Verlomme signe son guide des voyages en cargo, dans un coin, Michka, sa compagne, petite, discrète se tient un peu à l’écart. Ils appartiennent au monde de la mer, définitivement. C’est en voilier que je les ai connus et je me souviens non sans une pointe de nostalgie, de la recette de pain en cocotte minute mise au point par ses soins, expérimentée pendant une traversée de l’Atlantique. Du voilier au cargo, nos chemins se croisent à nouveau, la mer pour lieu commun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’est mis à pleuvoir, un peu, quelques gouttes sans conséquences qui n’insistent pas. Mon embarquement a lieu dans 19 jours à Hambourg. A la librairie Ulysse, chargée d’aventures, je suis déjà partie. J’y reviendrai. J’y ferai une escale afin de poursuivre le voyage. Juste pour la compagnie des « rêveurs de navire ». &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Octobre 1995&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-6426259405376036228?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/6426259405376036228/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=6426259405376036228' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/6426259405376036228'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/6426259405376036228'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/11/ulysse-et-les-cargomaniaques.html' title='Ulysse et les cargomaniaques'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SRweqQF3CdI/AAAAAAAAAPA/HSwHVdZrTMs/s72-c/cargo+hambourg-1087.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-6789955595690398113</id><published>2008-11-06T04:44:00.000-08:00</published><updated>2008-11-06T05:07:49.596-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='russie'/><title type='text'>Petit tour au commissariat de quartier</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SRLrP0smYcI/AAAAAAAAANo/c4f_VbQjZuE/s1600-h/goum+1.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5265529571425804738" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 265px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SRLrP0smYcI/AAAAAAAAANo/c4f_VbQjZuE/s400/goum+1.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le commissariat se trouvait au rez-de-chaussée d’un immeuble en brique au fond d’une cour arborée placée sous le regard acéré d’un Lénine fraichement repeint. Il nous avait fallu patienter sur un banc, attendant l’ouverture des bureaux. 16 heures, indiquait la pancarte sur la porte. Le commissariat s’avérait être un « point de maintien de l’ordre public ». Un ordre avec lequel il ne fallait pas trop prendre de liberté ou alors intelligemment ou alors en payant. L’œil de Moscou était moins regardant qu’auparavant mais il restait vigilant. Poutine venait de prendre place sur le trône du pays. Les grosses cylindrées, japonaises, américaines, européennes, garées le long du trottoir, remplaçaient les Jigouli qui n'avaient plus vraiment la cote. La Russie subissait une mue radicale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le commissaire était chargé de gérer les plaintes et de suivre les affaires du quartier. L’éclairage blafard de néons souffreteux donnait au local un air sinistre qu’illustraient un mobilier gris et des cloisons en contreplaqué marron. Dans le couloir qui distribuait trois bureaux, s’affichait sur des vignettes, la flamboyante histoire de la police, soulignant ses hauts faits, images d’Epinal qui valaient le coup d’œil. Le drapeau, faucille et marteau sur fond rouge, rappelait la solennité et le sérieux du lieu, et comme dans tous les espaces marqués par la masculinité, quelques pin up bien roulées égayaient les armoires métalliques tristes à pleurer. Devant le panneau d’interdiction de fumer, un fonctionnaire allumait une cigarette derrière l’autre et l’ordre public n’avait qu’à bien se tenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’affaire qui nous conduisait là, relevait parfaitement de ses fonctions. Le propriétaire de l’amie qui me recevait à Moscou était venu faire un esclandre, ce n’était pas la première fois et comme toujours en Russie, l’affaire avait pris des allures de tragédie grecque. La scène s’était déroulée un samedi. Kostia G qui venait récupérer son loyer, avait d’emblée entamer les hostilités. Il était question d’étagères déplacées, de réfrigérateur à dégivrer, de juifs qui avaient cassé le canapé et de françaises qui étaient aussi problématiques que les russes. Konstantin était un petit homme insipide, portant des vêtements usés jusqu’à la corde et une veste étriquée. Ses cheveux gris partaient dans tous les sens comme s’ils avaient voulu s’enfuir du crane sur lequel ils étaient plantés. Konstantin s’agitait beaucoup, sautillait un peu, gesticulait abondamment, passait d’une pièce à l’autre rapidement, je l’aurai bien pris en photo si je n’avais pas craint de faire monter la tension d’un cran. Je ne parle ni ne comprend le russe, j’assistais à la scène en spectatrice intriguée. Tout ce qui se disait était traduit par Laure, la locataire du lieu qui à cette occasion me donnait à croire qu’elle maîtrisait parfaitement la langue ce qu’elle démentait formellement. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5265528937717692466" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 280px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SRLqq78z-DI/AAAAAAAAANg/5jEbcpv3Xgs/s400/L%C3%A9nine.jpg" border="0" /&gt;Laure, était venue à Moscou passer une année sabbatique. Elle avait trouvé cet appartement à deux pas de la station de métro Bieloruskaïa par l’intermédiaire d’une agence immobilière. Konstantin G, le propriétaire lui avait paru d’emblée un peu étrange sans qu’elle puisse déterminer si cette impression était valide ou si elle résultait d’une erreur d’interprétation provoquée par la différence culturelle. Cet ancien électricien âgé de 55 ans, divorcé, vivait seul. Il recevait une pension d’Etat de 250 francs chaque mois et louait son appartement 350 dollars. Lui, s’en allait vivre en périphérie de la ville dans un petit logement qu’il payait 110 dollars. La différence lui permettait de subvenir à ses besoins. Tout aurait été parfait pour les deux parties s’il n’avait pas été légèrement dérangé, enclin à soupçonner ses locataires des pires vilénies comme d’être juifs, de ne pas croire en Dieu, de fumer, de ne pas s’occuper de ses fleurs, de déplacer ses livres… Il pouvait téléphoner tous les soirs pour prendre des nouvelles des fleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La scène dura un temps certain, Kostia voulait que nous quittions l’appartement sur le champ mais se calma un peu lorsque Laure lui réclama l’argent de la caution. Enfin, il finit par quitter les lieux laissant l’argent du loyer et un sac de vieilles nippes. Laure souhaitait porter l’affaire au commissariat afin de laisser une trace de l’incident au cas où l’irascible propriétaire deviendrait menaçant et surtout violent. C’était la seconde fois qu’elle se rendait dans ce commissariat. Elle avait été conviée à s’y présenter, quelques semaines auparavant, pour répondre aux questions du commissaire qui menait une enquête suite à une plainte posée par Kostia contre ses précédents locataires qu’il accusait d’avoir tout cassé. Konstantin G. était déjà connu des fonctionnaires de l’ordre public pour son côté un peu détraqué, excessif et un tantinet paranoïaque. Le commissaire, Alexandre K, était bel homme, il écouta avec un intérêt poli le récit que lui fit Laure, lui conseilla une nouvelle fois de déménager et lui indiqua le numéro du commissariat central ouvert 24 heures sur 24 qui, assurait-il, pourrait intervenir très vite si nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me laissais porter par la musicalité de la langue d’où s’échappait parfois un mot qui résonnait familièrement à mon oreille, et mon imagination au fil des sonorités construisait une histoire parallèle sans aucun rapport avec la réalité, largement inspiré des romans d’espionnage de John Le Carré. La police russe portait une telle charge historique que je me suis étonnée et je dirai même que j’étais un peu déçue de ce qu’aucun commis de l’Etat n’ait même demandé à vérifier mes papiers. Nous sommes ressorties. Il faisait beau. A la terrasse d’un petit café, quelques consommateurs buvaient tranquillement leur bière. Moscou affectait un air serein, quasi estival. Et, même Lénine semblait afficher un petit sourire en coin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;juin 2000&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-6789955595690398113?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/6789955595690398113/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=6789955595690398113' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/6789955595690398113'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/6789955595690398113'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/11/petit-tour-au-commissariat-de-quartier.html' title='Petit tour au commissariat de quartier'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SRLrP0smYcI/AAAAAAAAANo/c4f_VbQjZuE/s72-c/goum+1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-5460455776809885469</id><published>2008-10-28T09:22:00.000-07:00</published><updated>2008-10-28T11:39:21.866-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bibliographie'/><title type='text'>la mer est ronde</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SQc9CMDZ5KI/AAAAAAAAANY/vgV_ZnmGbns/s1600-h/mer+ronde+copie.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5262241797410251938" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 311px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SQc9CMDZ5KI/AAAAAAAAANY/vgV_ZnmGbns/s400/mer+ronde+copie.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;« Amateur, cela veut dire "qui aime", et c'est bien de cela qu'il s'agit. J'aime la mer et j'aime être en mer. J'aime partir, larguer l'amarre et passer les feux ; j'aime naviguer, voir le vent tourner, la brise adonner, le ciel changer, la mer se former et se déformer ; j'aime le bouillon chaud dans le thermos au pied du barreur et l'étoile qu'on prend un temps pour cap, la nuit, entre hauban et galhauban ; j'aime quitter une côte de vue et, après un jour, huit jours, un mois, en voir apparaître une autre, qu'on attendait.&lt;br /&gt;J'aime arriver, entrer, mouiller, et quand tout est en place, fixé, tourné, amarré, ferlé, rabanté, être à terre. Je suis un amateur. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Jean François Deniau était un homme passionné qui ne connaissait pas la demi-mesure. Il a fait de sa vie un roman d’aventure, tour à tour, journaliste, écrivain, voyageur, diplomate, ministre, académicien, un destin hors du commun. Il aimait l’action avant tout. La mer était son royaume, il s’y sentait à l’aise, il s’y retrouvait. En 1995, il réalisera même une traversée de l'Atlantique en solitaire, après un triple pontage coronarien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« La mer est ronde » est le récit d’expériences et d’aventures marines regroupés autour de cinq thèmes : partir, naviguer, escales, naviguer encore, le cercle « la grande secrète ». Il décline avec un humour décapant et un art consommé du récit, tout ce que la mer lui offre de joies et de désagréments, d’illusions, de découragement. Il raconte les longues heures de quart, la nuit, les étoiles. Il va au-delà de l’anecdotique pour creuser l’émotion, cerner une réalité plus floue sans jamais rien vouloir prouver à personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« En un mot, ce livre est inutile. Il raconte seulement l’expérience (ou les expériences) de quelqu’un qui a du plaisir à la voile et en mer et qui l’a écrit pour ajouter à son plaisir celui si possible de la partager »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Effectivement, il partage cette dévorante passion qui le saisit dès l’enfance. A dix ans, il calfatait la vieille coque du bateau d’un cousin, un grand oncle par alliance qui avait fini sa carrière comme capitaine de vaisseau racontait comment il avait vu sur une corvette à voile dans les mers de Chine, le grand serpent de mer. A quinze ans, il embarque sur une bisquine pendant les vacances. Sa destinée maritime est lancée et sans être exclusive, elle occupera une place importante tout au long de sa vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Contrairement à ce que certains croient, la poésie n’est pas une sorte de rêverie vague et indéterminée. La poésie c’est sextant, télémètre, sonde et compas en main, par des signes symboliques recomposer un monde aussi réel que la roche et le phare, que la grève et le cap. C’est du travail d’ingénieur de première classe. »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Nous qui aimons souvent partir et aussi souvent arriver. Nous qui trouvons 360° d’horizon marin sous le ciel le plus riche paysage du monde tour à tour hostile et bienveillant, connu et imprévisible, radieux de la paix des temples grecs et déchirés en un enfer dément, passant par toutes les couleurs du prisme et de l’âme et qui, comme une âme respire. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Un livre en forme d’avertissement aussi, sans fioriture et sans complaisance, la mer n’est pas tendre, elle se mérite, s’apprend, se comprend, se fait désirer et parfois se refuse mais à qui sait en respecter les règles en toute modestie et en accepter les contraintes, elle offre des émotions inoubliables et grandioses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A lire, relire et rêver&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La mer est ronde, récits, Le Seuil, 1975 ; Gallimard, 1981, nouv. éd. 1996 ; Folio, 1992. Prix de la Mer.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-5460455776809885469?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/5460455776809885469/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=5460455776809885469' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/5460455776809885469'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/5460455776809885469'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/10/la-mer-est-ronde.html' title='la mer est ronde'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SQc9CMDZ5KI/AAAAAAAAANY/vgV_ZnmGbns/s72-c/mer+ronde+copie.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-2706320682974906407</id><published>2008-10-14T08:45:00.000-07:00</published><updated>2008-10-22T06:26:25.414-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='grèce'/><title type='text'>Les agréables conséquences du geste de VGE</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SPTI176fKcI/AAAAAAAAANI/-vWVIer_IP4/s1600-h/gr%C3%83%C2%A8ce.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257047493989837250" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SPTI176fKcI/AAAAAAAAANI/-vWVIer_IP4/s400/gr%C3%A8ce.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;En 1974, la Grèce se débarrassait du joug des colonels, la dictature faisait place à la démocratie. Constantin Caramanlis, en exil à Paris, fut rappelé à Athènes et nommé Premier ministre le 24 juillet 1974. Valéry Giscard d’Estaing, alors occupant de l’Elysée prêta personnellement un hélicoptère à Constantin Caramanlis pour débarquer dans la capitale grecque. Ce geste que la presse avait largement commenté tant en France qu’en Grèce nous a valu, cet été-là, un séjour idyllique dans la péninsule hellénique.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sac au dos et chaussures de marche, nous étions sur le bord de la route, pouce levé, attendant qu’un véhicule veuille bien nous prendre à son bord ce qui ne tardait jamais longtemps. Chaque fois que nous étions embarqués, après les présentations d’usage, nous avions droit à l’inévitable question « d’où êtes vous ? ». Notre réponse « Gallia » nous valait inévitablement l’exclamation enthousiaste « Caramenlis et Giscard d’Estaing » sur un ton qui aurait pu laisser penser que Valéry et Constantin avaient convolé en juste noce. Tous nos chauffeurs réagissaient comme si nous avions été personnellement responsables du geste du président français. A partir de là, ils étaient tous prêts à se mettre en quatre pour satisfaire, dans la mesure de leurs moyens, nos moindres désirs et surtout nous remercier de l’attitude généreuse que la France avait eu à l’égard de la Grèce. Nous devenions leurs amis rien qu’au vu de notre nationalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons dû partager des petits déjeuners gastronomiques, dans des villages montagneux de l’Epire, nous gaver de pâtisseries à Ioannina, boire des litres de café grec sur tout le trajet, avaler des verres d’Ouzo à n’en plus finir accompagnés de salades grecques au cours de soirées mémorables qui voyaient la barrière des langues s’effondrer au fur et à mesure que le temps passait, être convié à un mariage dans une île des Sporades et danser avec les mariés, nous faire servir une somptueuse moussaka en plein midi dans un village où nous étions complètement égarés, déguster des tiropitas en guise de goûter, des poissons grillés au cœur de la nuit enfin, personne ne nous laissait repartir avant de nous avoir chargé de pastèques juteuses et de grappes de raisins dodues.&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257095455108572690" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SPT0dpARJhI/AAAAAAAAANQ/y5xoytaKSJI/s400/gr%C3%A8ce+mariage.jpg" border="0" /&gt;Cette année-là, notre voyage se limitait au nord de la Grèce. Débarqués à Igouménitsa, petit port en face de Corfou nous avions rejoint Ioannina pour remonter vers Kastoria. Non loin de l’Albanie, cette petite ville située sur les rives du magnifique lac du même nom est réputée pour sa spécialité : la fourrure mais aussi pour ses églises byzantines. Nous sommes entrés dans la capitale de l’Epire sur un chargement de pastèques, tentant de nous faire une place aussi confortable que possible au milieu des cucurbitacées. La route en très mauvais état n’autorisait pas la moindre once d’un quelconque bien être. La pastèque, qu'on se le dise, n'est pas un matelas mais un fruit. Nous sommes descendus du véhicule à bon port mais en piteux état.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cause de notre présence dans cette partie de la péninsule fort peu prisée par les touristes ce qui n’était pas pour nous déplaire, se trouvait à Paris. Nous avions sympathisé avec Yannos, l’un de nos voisins de nationalité grecque. Yannos avait quitté son pays depuis près de trente ans. Il vivotait d’une retraite très modeste dans un studio qui donnait dans la cour de l’immeuble où nous habitions près du parc Montsouris. Il entretenait des liens affectueux avec Odette, la concierge qui avait à peu près le même age que lui et qui occupait la loge juste en face de chez lui. Ils étaient un peu comme les piliers de ce lieu, lui donnant sa cohérence et assurant le lien entre les habitants du côté rue et ceux du côté cour. La Grèce, Yannos nous en parlait à chaque fois que nous passions chez lui, c’est à dire plusieurs fois par semaine. Il aurait tant voulu retourner dans son pays. Sa famille, des fourreurs, était implantée à Kastoria. Et puis, la guerre et tout a basculé. Alors quand nous lui avons dit que nous retournions là-bas pour quelques semaines, il a voulu que nous passions voir si par hasard, son frère ou peut-être même un cousin, un neveu, enfin quelqu’un, puisse encore lui faire signe après toutes ses années. Munis d’une adresse approximative qu’il nous avait confiée, nous avons cherché, interrogé, insisté à l’excès. Personne n’a pu ou su nous donner le moindre indice nous permettant de découvrir un parent de Yannos. Sa famille semblait avoir été effacée de la mémoire de la ville. Nous étions triste pour notre voisin à qui nous aurions souhaité apporter au minimum, le vague espoir de retisser un lien avec sa ville natale à travers un contact familial. J’ai pris quelques photos pour lui montrer sa rue. Au bord du lac dont il nous avait tant décrit la beauté et qui valait bien tous les compliments que nous en avions entendus, nous avons croisé quelques pêcheurs méditant savamment devant leur ligne. Puis nous sommes repartis.&lt;br /&gt;Le voyage s’est poursuivi par Trikala, Larissa et Volos toujours sur le mode euphorique et conviviale que l’effet « Giscard » avait largement contribué à démultiplier avec pour deuxième objectif de ce voyage, une petite île des Sporades, Alonissos, où nous étions attendus par une famille de pêcheurs et quelques amis grecs, vagabonds célestes rencontrés à Rotterdam.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Juillet 1974&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-2706320682974906407?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/2706320682974906407/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=2706320682974906407' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/2706320682974906407'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/2706320682974906407'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/10/les-agrables-consquences-du-geste-de.html' title='Les agréables conséquences du geste de VGE'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SPTI176fKcI/AAAAAAAAANI/-vWVIer_IP4/s72-c/gr%C3%A8ce.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-7485450771121303998</id><published>2008-09-21T04:50:00.000-07:00</published><updated>2008-09-22T09:04:25.547-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='perles de mer'/><title type='text'>El Morro,village aux cent visages</title><content type='html'>&lt;div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SNZBxWyaH1I/AAAAAAAAAMw/31LqaVxPBRI/s1600-h/el+morro+6.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5248454731933294418" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SNZBxWyaH1I/AAAAAAAAAMw/31LqaVxPBRI/s400/el+morro+6.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Carupano, nous offrait une porte d’entrée au Venezuela. Nous retrouvions la mer Caraïbe après une semaine de navigation plutôt calme en Atlantique. Les vents et les courants nous avaient gentiment poussés depuis Paramaribo et le soleil nous suivait comme notre ombre. Nous étions heureux d’être arrivés à bon port et nous tentions de déchiffrer le paysage que nous offrait ce mouillage. Des bateaux de pêche désertés, un voilier silencieux, la silhouette d’une petite ville tranquille dont les bâtiments ne s’élevaient pas très haut et quelques personnes qui animaient ce tableau bien paisible. L’après midi touchait à sa fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nuage, se dandinait sur son ancre. Nous attendions patiemment la visite des autorités portuaires qui nous délivreraient le droit d’entrer officiellement sur le territoire, d’aller en ville nous dégourdir les jambes, de nous poser à une terrasse de café pour y savourer le temps qui passe devant une cerveza. Seule Kou’men, jouait l’indifférente. Elle avait entrepris un nettoyage minutieux de son pelage qui s’adaptait de mieux en mieux au climat après avoir laissé au fil des flots une grande partie de la fourrure fournie acquise au Cap Horn qui l’avait alors protégée du froid mais l’avait faite grandement transpirer lors de la remontée vers les tropiques et l’équateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aucun képi ne montrait le bout de sa visière à croire que les fonctionnaires vénézuéliens avaient déjà fini leur journée de labeur. Nous avons regardé le soleil qui se couchait si rapidement sous ces latitudes. Pas de moustique importun et la promesse d’une nuit de sommeil complète, une soirée idyllique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SNZAHjPXJ5I/AAAAAAAAAMo/wX32kPENMjQ/s1600-h/el+morro.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5248452914209826706" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SNZAHjPXJ5I/AAAAAAAAAMo/wX32kPENMjQ/s400/el+morro.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le lendemain matin, à peine les autorités repartis, à nous la ville. Le marché tenait ses promesses de produits frais, colorés et odorants. La carte des jus de fruits frais d’un bar croisé sur notre route offrait un choix étendue. C’est là que je testais le mélange carotte-orange, une révélation. Carupano, n’offrait pas d’attrait particulier mais parcourir la ville n’était pas sans intérêt : une ambiance aisée sans plus, apaisée en plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour d’après, nous quittions le port de Carupano pour mettre le cap sur El Morro. A flanc de montagnes, ce petit village de pêcheurs voyait le ciel parcouru en tous sens d’oiseaux marins. Les oiseaux dont les pêcheurs suivaient le vol pour ramener le poisson. Pélicans, frégates, mouettes leur indiquaient les lieux de pêche. D’un geste ample, ils lançaient l’épervier qui retombait en s’ouvrant élégamment sur la mer emprisonnant leurs proies luisantes et frétillantes qu’ils ramenaient à bord. Ce rituel se reproduisait jusqu’à ce que le soleil frôle l’horizon. Les pêcheurs rentraient alors et il y en avait toujours un pour déposer à bord de Nuage quelques unes de ses prises.&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5248456400354849826" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SNZDSeJGtCI/AAAAAAAAAM4/oF8igJ48NxI/s400/el+morro+2.jpg" border="0" /&gt;Les pélicans étaient légion, beaucoup se laissaient dériver autour du bateau. En vol lorsqu’il repérait des poissons, il plongeait en tournoyant, bec en avant, disparaissait dans l’eau un instant avant d’en ressortir la poche du bec gonflée de laquelle sortaient une ou plusieurs queux de poissons. Nous pouvions les observer à loisir, ils n’étaient pas farouches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;El morro, situé sur un promontoire rocheux relié par un isthme de terre, s’étirait le long de quelques rues jonchées de tas d’ordures qui côtoyaient, comme pour les narguer, de belles américaines, l’essence ne coûtaient que 18 centimes le litre. Nous comptions encore en francs. Le cinéma changeait de programme tous les soirs, deux bolos, la place, la salle la moins chère du pays. Plus loin, le bistrot était uniquement occupé par de vigoureuses femmes qui n’avaient pas l’air de s’en laisser compter. Au milieu de la rue, un cochon peu avenant et de taille respectable nous faisait face. Peu coutumier des humeurs de l’animal, nous avons préféré rebrousser chemin. Garçons et filles, en uniforme, sortaient au même moment de l’école semant un joyeux désordre sur leur passage. Sur la plage, certains enfants se baignaient au milieu des détritus. A quelques pas, sur le sable, le cadavre d’un porc éventré faisait le régal des urubus qui se disputaient allégrement les meilleurs morceaux. L’oiseau n’est pas très élégant et comme tout charognard, il n’attire pas la sympathie mais il prend son rôle de nettoyeur très au sérieux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5248459598867637730" style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center;" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SNZGMph-peI/AAAAAAAAANA/LZgdYlzYhGk/s400/el+morro+7.jpg" border="0" /&gt;Dans l’épicerie régnait un désordre tel, qu’une chatte n’y aurait pas retrouvé ses petits. L’homme qui la gérait, était un poète et un inventeur. Visage rieur et regard malicieux, la tête pleine d’engins tarabiscotés, il avait déjà réalisé un hélicoptère en boites de conserve vides. L’engin s’était élevé de plusieurs mètres avant de choir abruptement. Au moment où nous le rencontrions, il travaillait au projet d’une embarcation dont j’ai eu le plus grand mal à comprendre le principe. Il apprenait le français et sa curiosité semblait insatiable. Il voulait tout savoir de la France, du bateau, des voyages et déjà la nuit envahissait les rues. La pénombre avait fait sortir les rats qui se baladaient tranquillement sur les étagères de la boutique pour s’y ravitailler. Le propriétaire ne s’en souciait guère, il avait bien d’autres chats à fouetter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est en ce lieu improbable que nous avons fait la connaissance de Pierre et Florence, installés à la pointe du Venezuela, en face de Trinidad. Ils semblaient avoir découvert là, le paradis terrestre, de Charly et Josette portant Brutus, un chiot de quelques jours dans ses bras, qui avaient entrepris d’élever quelques animaux bravant l’hostilité des autochtones et les tracasseries de l’administration et de Véronique et Loïc qui voulaient se lancer dans la pêche et se trouvaient confrontés à des fonctionnaires zélés, voire tatillons. Tant de français en un lieu si minuscule relevaient de l’invraisemblable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons bu une bière puis deux puis trois et terminé la soirée à bord pour échanger nos destins jusqu’au milieu de la nuit. Le lendemain, le car nous a conduites à Carupano pour un tour au marché. Au retour, le chauffeur s’est détourné de son chemin pour me conduire à la poste. Je n’avais fait que lui demander quel était l’arrêt le plus proche du bâtiment. Il arrêta le bus et  tenu même à m’accompagner au guichet. Je n’en demandais pas tant, j’étais même un peu gênée par tant d'attention. Le bus occupait toute la chaussée et les voitures qui le suivaient ont dû patienter. A quoi tiennent les embouteillages parfois ! A bord, personne ne s’est offusquée de cette modification de parcours, l’ambiance était bon enfant, rires aux éclats et discussions serrées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dernier soir au village nous a réuni chez notre épicier préféré, nous nous sommes assis sur le trottoir pour siroter un jus de corossol. Un pêcheur a entrepris de me donner une leçon d’histoire. Il y était question de Christophe Colomb, de Simon Bolivar, du général Sucre. De ce dernier, il avait en tête qu’il avait mis fin à la guerre d’indépendance et il disait « el general Antonio Jose de Sucre es el mas grande general del mundo » il avait un peu bu et répétait la leçon encore et encore en se rapprochant un peu plus de moi à chaque fois. A la fin, il a même utilisé les mains pour que ses propos me rentrent mieux dans la tête. J’ai dû prendre congé de ce professeur zélé avec une grande diplomatie pour ne pas le froisser. Au comptoir, un type ivre souffrant d’un strabisme accentué, poussait des hurlements et nous interpellait successivement Anne et moi en nous appelant « mi amor » mais comme il louchait, nous ne savions jamais à laquelle de nous deux il s’adressait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons fini par rentrer après avoir fait nos adieux à la ronde. Juan, l’épicier nous avait offert son plus beau sourire et des jus de corossol. Le lendemain nous appareillions encore tout ébaubis par tant de rencontres insolites dans un si petit village.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Octobre 1979&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-7485450771121303998?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/7485450771121303998/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=7485450771121303998' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7485450771121303998'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7485450771121303998'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/09/el-morrovillage-aux-cent-visages.html' title='El Morro,village aux cent visages'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SNZBxWyaH1I/AAAAAAAAAMw/31LqaVxPBRI/s72-c/el+morro+6.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-1781363046578927184</id><published>2008-08-21T09:57:00.000-07:00</published><updated>2008-08-21T10:15:30.569-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='autriche'/><title type='text'>Chez monsieur Freud</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SK2g_OF3D4I/AAAAAAAAAMg/KfuIEiqoaLI/s1600-h/stephandsom+platz.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5237018949676633986" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SK2g_OF3D4I/AAAAAAAAAMg/KfuIEiqoaLI/s400/stephandsom+platz.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; Cher inconscient,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Combien prodigieux sont ces êtres, capables de vous interpréter même l'inexplicable, sachant lire ce qui ne fut jamais écrit; leur esprit souverain découvre des liens au milieu du chaos; jusque dans les ténèbres de l'éternelle nuit ils trouvent des chemins. »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Hugo von Hofmannsthal - « La Mort et le Fou »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il semble que le temps n’ait pas de prise sur ce quartier qui respire une tranquillité bourgeoise. Rien ne distingue l’immeuble du 19 Berggasse des bâtiments alentours. Sur les murs du hall, une affiche annonce une série de manifestations musicales et littéraires intitulée « Eros Musik ». Pas un bruit ne filtre des appartements. Une femme ouvre la porte du domicile où vécut Freud entre 1891 et son départ en exil, le 3 juin 1938, elle encaisse le droit d’entrée et vous laisse à vous-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’est-ce que je venais chercher en visitant cet espace ? Assouvir une curiosité, baigner un moment dans l’atmosphère de l’endroit, humaniser le génie de l’inconscient. Dans l’entrée, la canne, le chapeau et la trousse de médecin ont acquis le statut de pièces de musée. La salle d’attente a retrouvé le mobilier d’origine et dans la bibliothèque quelques livres ayant appartenu à Freud ont repris place sur les étagères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sur, ce lieu de vie est devenu musée et, dans le célèbre cabinet, il faut se forcer un peu pour imaginer une séance. Mais l’ensemble même figé transpire encore la mémoire de l’inventeur de cette nouvelle science à travers certains détails palpables : un flacon, une gourde, une lettre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les cadres, des photos, portraits de Freud et portraits de groupe des fondateurs de la psychanalyse. Il en est une qui montre le médecin viennois penché vers son chien pour le caresser. Il y a quelque chose de fragile et d’émouvant dans cette attitude. Le cliché a été pris peu de temps avant que Freud et sa famille puissent partir en exil. Il aura fallu la mobilisation de Marie Bonaparte et d’Ernest Jones, du Président Roosevelt et même de Mussolini pour obtenir des nazis son autorisation de sortie du territoire autrichien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ironie du sort, l’homme qui délivrait les tourments de l’âme par la parole est mort à Londres, d’une tumeur de la mâchoire. Incinéré, ses cendres furent déposées dans une amphore antique datant du IVe siècle avant notre ère que lui avait offerte Marie Bonaparte. Freud aurait dit en recevant ce précieux présent « Quel dommage qu’on ne puisse l’emporter dans sa tombe… ». L’urne funéraire a été volée et personne n’a jamais su ce qu’il est advenu des cendres du grand Sigmund. &lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Novembre 2003&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-1781363046578927184?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/1781363046578927184/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=1781363046578927184' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/1781363046578927184'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/1781363046578927184'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/08/chez-monsieur-freud.html' title='Chez monsieur Freud'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_Yljq6uW55p8/SK2g_OF3D4I/AAAAAAAAAMg/KfuIEiqoaLI/s72-c/stephandsom+platz.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-5121317665388574936</id><published>2008-07-15T00:41:00.000-07:00</published><updated>2008-07-15T01:22:06.732-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='abécédaire'/><title type='text'>R : rivages</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SHxb8_Y0_VI/AAAAAAAAAMY/ddA1wFOdyc0/s1600-h/rivage.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SHxb8_Y0_VI/AAAAAAAAAMY/ddA1wFOdyc0/s400/rivage.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5223150771208781138" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-style: italic; text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="font-style: italic; text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Les rivages écrivent les voyages et descendent à la plage ramasser des coquillages. Ils égrènent les villages pour de joyeux cabotages ou de lointains amarrages.&lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ce paysage côtoie les nuages et, parfois les orages y forment des mirages, célestes messages ou précieux présages.&lt;o:p style="font-style: italic;"&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;i style=""&gt;Equipages accoudés au bastingage, prends garde aux rivages dont les parages évoquent de sanglants abordages, de tempétue&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;i style=""&gt;ux naufrages et de sournois piratages. »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;      &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoBlockText"&gt;&lt;span style=";font-family:Helvetica;font-size:100%;"  &gt;Le flux et le reflux sculptent à chaque instant la géographie du rivage. Dans cet espace mouvant et flou qui hésite sans cesse entre terre et mer, naissent les rêves de voyage les plus fous. Combien d’éphémères navigateurs ont dessiné la carte imaginaire de leur outremer sur la grève avant que le flot engloutissant leurs songes ne les ramènent à d&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Helvetica;font-size:100%;"  &gt;e plus discrets périples. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoBlockText"&gt;&lt;span style=";font-family:Helvetica;font-size:100%;"  &gt;Les rivages recueillent le secret des fonds marins que les vagues déposent sur les plages en minuscules éclats. Le promeneur expérimenté peut déchiffrer les fabuleux récits de modestes aventures dans ces débris éparpillés. Les enfants ravis par cette chasse aux trésors s’inventent d’audacieux pirates et de courageux capitaines qui peuplent leurs rêveries de combats acharnés pleins de fougue et de bravoure.&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Helvetica;font-size:100%;"  &gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoBlockText"&gt;&lt;span style=";font-family:Helvetica;font-size:100%;"  &gt;Les poètes aiment à suivre la ligne mouvante des rivages pour y cueillir quelques bouquets d’images, dans le scintillement des vagues, le dessin d’une algue, le cri d’une mouette, la marche alambiquée d’un crabe, la danse d’un nuage qui se glisseront ensuite, silencieusement, dans les stances d’une ballade. Et les vagabonds, les pieds dans le sable, cueillent les étoiles que les nuits de pleine lune font étinceler dans l’écharpe ondoyante de la voie lactée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoBlockText"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SHxbZ61BttI/AAAAAAAAAMQ/JdcTaKFM7os/s1600-h/rivage+1.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SHxbZ61BttI/AAAAAAAAAMQ/JdcTaKFM7os/s400/rivage+1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5223150168689456850" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=";font-family:Helvetica;font-size:100%;"  &gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoBlockText"&gt;&lt;span style=";font-family:Helvetica;font-size:100%;"  &gt;Au loin, les marins apercevant le rivage se prennent à songer à la douceur du foyer, aux promesses de la nuit, aux rires des enfants et les mains s’activent plus fébrilement autour des filets et des nasses.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;    &lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Cette terre marginale, fluctuant au rythme des marées, convoque les mirages et les pêcheurs de rêves détectent savamment les indices célestes qui annoncent les plus beaux. Les conformistes choisissent l’heure du coucher de soleil tandis que d’autres, en véritables experts, patientent jusqu’à l’instant solaire privilégié, lorsque les camaïeux de gris ou de bleus dévoilent toute la richesse de leur palette à l’univers océan.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-5121317665388574936?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/5121317665388574936/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=5121317665388574936' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/5121317665388574936'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/5121317665388574936'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/07/r-comme-rivages.html' title='R : rivages'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SHxb8_Y0_VI/AAAAAAAAAMY/ddA1wFOdyc0/s72-c/rivage.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-6597197055844397268</id><published>2008-07-09T09:02:00.000-07:00</published><updated>2008-07-10T03:58:28.069-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bibliographie'/><title type='text'>"Le Voyage" Sergio Pitol</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SHTrVEQsMCI/AAAAAAAAAL4/WhSGZcQh_U0/s1600-h/Place+rouge+2.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SHTrVEQsMCI/AAAAAAAAAL4/WhSGZcQh_U0/s400/Place+rouge+2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5221056615182774306" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Sergio Pitol, considéré comme l’un des plus grands écrivains mexicains, est né à Puebla, au Mexique, en 1933. Pendant de nombreuses années sa fonction de conseiller culturel dans les ambassades mexicaines l’a conduite à vivre à Paris, Varsovie, Budapest, Prague, Moscou. « Le voyage » est un récit autobiographique que l’auteur rédige au cours d’un voyage qui part de Prague où il est en poste pour aboutir en Géorgie où il est invité par l’union des écrivains du pays.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;p  style="text-align: justify;font-family:arial;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Au début de 1986, quatre ans après mon arrivée à Prague, j’eus la surprise de recevoir de l’Union des écrivains de Géorgie une invitation à visiter cette république au mois de mai. La Géorgie venait de gagner tout à coup une certaine célébrité à cause du ton subversif de son cinéma, et on l’a considéré comme l’une des places fortes de la perestroïka, terme qui désignait la transformation lancée par Mikhaïl Gorbatche&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;v en URSS. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: arial; text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: arial; text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;Prague – Tbilissi, pas si simple à l’heure de la &lt;i&gt;glasnost&lt;/i&gt;, l’auteur va devoir se rendre à Moscou avant d’être conduit à Leningrad et désespérer de pouvoir parvenir en Géorgie. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: arial; text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p  style="text-align: justify;font-family:arial;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Quelques jours plus tard, le secrétariat aux affaires étrangères m’informait que le ministère de la Culture de l’URSS me transmettait une invitation à me rendre à Moscou du 20 au 30 mai de cette année. (…) Je compris tout de suite que c’é&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;tait une parade à la lettre de Géorgie, pour que tout le monde sût que c’était toujours la métropole qui décidait de l’envoi des invitations, et que le reste n’était toujours qu’une vaste périphérie incertaine. »&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: arial; text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: arial; text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;Sergio Pitol excelle a décrire les changements de la &lt;i&gt;Perestroïka&lt;/i&gt; à travers ses mésaventures avec l’administration soviétique et les divers détournements sous des prétextes culturels qui l’empêchent de se rendre à Tbilissi. Il mêle ses rêves, ses petits ennuis, ses observations, à des commentaires éclairés sur la littérature, la peinture, l’architecture. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: arial; text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: arial; text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;  &lt;/p&gt;&lt;p style="font-family: arial; text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;i&gt;"A Moscou, près du centre. La ville m'impose ses conception urbanistique, son aspect spectaculaire et sa puissance. «Moscou est la troisième Rome et il n'y en aura pas une quatrième», dit un slogan slavophile du XVI&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle, qui depuis gouverne l'inconscient russe. Quelle merveille que parcourir la rue Gorki en voiture ! À peine arrivé, on sent déjà le changement. On discute du nouveau moment politique, des nouvelles pièces de théâtre, du nouveau cinéma et des nouveaux problèmes que tout le monde doit affronter : le nouveau, le nouveau, le nouveau contre le vieux semble présider au moment actuel. Un peu avant l'atterrissage, M&lt;sup&gt;me&lt;/sup&gt; A. m'a exprimé la répulsion que lui causent les changement qui affectent le cinéma soviétique. «L'irresponsabilité peut mener au désastre, dit-elle, et ces gens-là ne sont pas prêts pour des changements de ce genre; il faudra qu'ils se forment d'abord, sinon ils vont provoquer des bouleversements. Les Géorgiens sont le&lt;/i&gt;&lt;i&gt;s pires, les moins fiables. Ils ont fait un virage à cent quatre-vingts degrés, ce qui revient à tourner le dos à leur riche culture traditionnelle; ils la maudiraient, s'ils pouvaient, il l'effaceraient. Leur critique sociale est trop stridente, ridicule, grossière. Il ne va sortir rien de bon de tout cela, vous verrez.»&lt;br /&gt;Je reçus ces marques d'exaspération avec un bonheur absolu."&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: arial; text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: arial; text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;En fin lettré, il rend hommage aux auteurs, hommes de théâtre, de cinéma  : Pouchkine, Gogol, Meyerhold, Boulgakov, Eisenstein, … la poétesse Marina Tsvetaieva semble le fasciner. Il consacre deux chapitres au destin tragique de cette femme hors norme. Erudit inspiré, il conserve un regard critique et amusé sur l’actualité politique et sociale de la Glasnost. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: arial; text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: arial; text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;Les passages « géorgiens » réjouissent par l'appétit de vie et la générosité qui émanent des ambiances, des rencontres, des conversations relatées mais Sergio Pitol n'hésite pas à relever quelques travers et se moque de l’importance que les géorgiens accordent à la pureté de la race. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: arial; text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText"  style="font-style: italic; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;« Et quand ils se vantaient de la pureté de leur sang, je faisais des éloges démesurés&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;du métissage, je leur rappelais&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;que Pouchkine était un mulâtre… »&lt;/p&gt;&lt;div style="font-family: arial; text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p style="font-family: arial; text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;La lecture de ce carnet de voyage est passionnant, drôle et savant, il offre une belle chronique de cette période de l’histoire russe. Plus qu’un voyage au sens géographique il s’agit d’une exploration géopolitique passionnante et documentée.&lt;/p&gt;&lt;p style="font-family: arial; text-align: justify;" class="MsoNormal"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SHTripbDMdI/AAAAAAAAAMA/z5newOmLRP8/s1600-h/le+voyage+couv..jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SHTripbDMdI/AAAAAAAAAMA/z5newOmLRP8/s400/le+voyage+couv..jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5221056848496636370" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;    &lt;h3  style="text-align: justify; font-weight: bold;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Quatrième de couverture&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;&lt;h3  style="text-align: justify; font-weight: bold;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;En mai 1986, en pleine perestroïka, un diplomate mexicain en poste à Prague est invité en Géorgie à titre d'écrivain. Or la glasnost s'embrouille et notre homme est promené à Moscou, à Leningrad; aussi le voyage se transforme-t-il en une galopade folle de scènes grotesques et de calamités joyeuses, pour se terminer à Tbilissi l'irrévérencieuse, ivre de ce printemps politique. Sous la plume d'un merveilleux érudit excentrique et rêveur, ce voyage est aussi une traversée de siècles d'art et de culture, et de toute la forêt sacrée de la littérature russe, de Pouchkine à Gogol à Marina Tsvetaïeva. Sergio Pitol, Prix Juan-Rulfo, vit au Mexique.&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;    &lt;p style="font-family: arial;"&gt;&lt;b&gt;Le Voyage&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Sergio Pitol&lt;br /&gt;Traduit du mexicain par Marie Flouriot&lt;br /&gt;Les Allusifs&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-6597197055844397268?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/6597197055844397268/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=6597197055844397268' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/6597197055844397268'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/6597197055844397268'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/07/le-voyage-sergio-pitol.html' title='&quot;Le Voyage&quot; Sergio Pitol'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SHTrVEQsMCI/AAAAAAAAAL4/WhSGZcQh_U0/s72-c/Place+rouge+2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-5852844746274437350</id><published>2008-06-29T09:35:00.000-07:00</published><updated>2008-06-30T08:27:40.975-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='République Tchèque'/><title type='text'>L’horloge de Maître Janusz</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGe68SNjCnI/AAAAAAAAALI/6VBcP4E3XHo/s1600-h/horloge-7161.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5217344238175586930" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGe68SNjCnI/AAAAAAAAALI/6VBcP4E3XHo/s400/horloge-7161.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;(….)&lt;br /&gt;Le poète&lt;br /&gt;loin de son pays&lt;br /&gt;criblé de nostalgie&lt;br /&gt;se tenait dans la Vieille-Ville&lt;br /&gt;tout seul sur une place.&lt;br /&gt;Sur un mur gothique&lt;br /&gt;l’horloge de Maître Janusz&lt;br /&gt;sonnait midi.&lt;br /&gt;Des dorures sur leurs pèlerines&lt;br /&gt;et le Très-Saint-Pierre à leur tête,&lt;br /&gt;de l’horloge sont sortis,&lt;br /&gt;les douze apôtres harassés,&lt;br /&gt;et avec son escarcelle, Judas,&lt;br /&gt;et la Foi, et le Mal et la Tyrannie.&lt;br /&gt;« Nous sommes venus et nous nous en allons. »&lt;br /&gt;Et un Janissaire de pierre,&lt;br /&gt;là-bas, triste et mélancolique.&lt;br /&gt;Et la Mort, sonnant les cloches,&lt;br /&gt;et tout là-haut a chanté le coq.&lt;br /&gt;Le poète, loin de son pays,&lt;br /&gt;tout criblé de nostalgies,&lt;br /&gt;a regardé, pensif, autour de lui.&lt;br /&gt;Fraîche et délicate une lumière bleue&lt;br /&gt;est descendue ondoyante&lt;br /&gt;sur la place à l’heure de midi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Nâzim Hikmet&lt;br /&gt;Yesenik, 29 décembre 1956&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Le poète est mort depuis longtemps mais il aurait été bien étonné voire effaré de se retrouver, un jour de l’année 2008, n’importe quel jour d’ailleurs, de n’importe quelle saison de cette année-là, sur la place Stare Mesto à l’instant où le squelette brandit sa faux et agite son sablier. Il se serait trouvé au sein d’une foule dense, intense, pressante, au milieu de bras tendus, non en signe de protestation mais juste pour photographier la scène qui se joue et se rejoue au cadran de l’horloge depuis plusieurs siècles en toutes circonstances : le défilé des douze apôtres qu’ouvre Saint-Pierre et que le squelette supervise avec une attention désinvolte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aurait-il écrit un poème sur ce théâtre mécanique, le poète, en 2008 ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5217693343544147410" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGj4c5DefdI/AAAAAAAAALw/PrmW8cZuaHY/s400/photographes-7552.jpg" border="0" /&gt;Je ne suis pas poète ou alors parfois sans m’en rendre vraiment compte mais tout comme lui, en février 1978, je m’étais trouvée seule à midi sonnant devant l’horloge astronomique de Maître Janusz qui paraît-il n’aurait fait que remanier l’œuvre que Nicolas de Kadau avait réalisé. Les ors solaires s’étaient ternis et les apôtres accomplissaient leur rituel sans conviction rien que pour moi, j’étais pourtant une spectatrice enthousiaste. C’était un autre temps, un autre siècle, il faisait froid, les rues de la vieille ville restaient silencieuses, sombres. Elles retenaient leur souffle pour éviter de se faire remarquer. La place faisait grise mine, les bâtiments dissimulaient leurs attraits sous un voile de poussières occultes. La ville semblait endormie sous le coup de quelques charmes jetés du château par une fée mécontente. Quelques rares silhouettes emmitouflées dans d’épais manteaux, fantômes d’eux-mêmes, pressaient le pas. Jean Hus, longue silhouette, debout sur son socle bien qu’entouré des combattants de Dieu, était morose et s’ennuyait ferme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’était passé trente ans, le sort avait été conjuré, la ville s’était réveillée, appelée une nouvelle fois à un nouveau destin et la marée humaine qui se dirigeait vers l’hôtel de ville me paraissait irréelle. Entre le souvenir et cette apparente vision, la transition était trop brutale pour être authentique. J’avais beau avoir été prévenue, je restais incapable de raisonner cette contradiction, cette aporie. Je prenais pour un mirage ce que je voyais mais ce n’en était pas un. Je souhaitais me retrouver seule à nouveau sur cette place sans y parvenir même en fermant les yeux. J’étais même prête à pardonner aux apôtres leur manque d’allant. J’avais beau poussé le désir à son extrême, personne ne disparaissait même par enchantement. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5217344972008204818" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGe7m_84KhI/AAAAAAAAALQ/sMjfp0UpdT0/s400/horloge+ap%C3%B4tre.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;L’heure allait sonner. En attendant chacun occupait cet espace temporel en se photographiant mutuellement devant le bâtiment tentant d’englober dans le viseur, le photographié prenant la pose inspirée comme il se doit et l’horloge ce qui, parfois, obligeait le photographe à quelques contorsions pour réussir son cadrage. Sur l’horloge médiévale, Le soleil tournait autour de la terre et cette conception géocentrique de l’univers ne semblait gêner personne. Après tout, les relations entre la terre et le soleil n’étaient pas la préoccupation majeure de l’instant. La foule gonflait de minute en minute, bruyante, agitée, fébrile puis elle se figeait soudain tendue, tournée vers les fenêtres où les apôtres allaient faire leur brève tour de piste. Les photographes étaient aux anges et mitraillaient à tout va.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, comme elle était venue, la foule se dispersait, se disloquait, s’en allait vers d’autres attractions qu’elle prendrait en photos. 58 minutes plus tard, la place serait à nouveau envahie par une autre foule et tout recommencerait. Jan Hus avait retrouvé sa raison d’être. Il contemplait sereinement cette agitation cyclique. Le martyr de la Réforme qui plaçait la bible au-dessus des lois humaines avait fière allure. Il tenait son rôle de symbole de l’identité nationale avec d’autant plus de sérieux qu’il faisait l’objet d’une attention soutenue de la part des hordes qui venaient le contempler. Le prédicateur ne pouvait voir les sgraffites de la maison dite « A la minute » où les scènes mythologiques et bibliques l’auraient réconforté les jours d’ennui, les soirs d’hiver, mais la modernité l’accaparait tant et si bien qu’il lui arrivait même d’oublier les Saintes Ecritures. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5217345588380961170" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGe8K4HmCZI/AAAAAAAAALY/pvjO-OefiJo/s400/jean+hus.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Autre temps, autre tempo, sur le plateau de Letna qui borde la Vltava, le gigantesque métronome battait le rythme lancinant d’une époque plus entreprenante. Il semblait sans âme, il faut dire pour sa défense qu’il a remplacé le monument à Staline qui a sinistrement dominé la ville entre 1955 et 1962. 15,5 mètres de haut et 22 mètres de long, l’hommage était à la taille de la crainte que cet homme inspirait. Il s’accrochait si bien le bougre avec les huit hommes qui lui tenaient compagnie, la moitié, représentant le peuple soviétique et les quatre autres, le peuple tchèque qu’il a fallu les dynamiter pour en être débarrassé. Le sculpteur du petit père des peuples, Otokar Svec, se suicida le lendemain de l’inauguration de son œuvre. Il n’est pas si simple de succéder à ce sombre individu et le métronome s’en tirait plutôt bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5217346026025244738" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGe8kWeH2EI/AAAAAAAAALg/gaaYyP3udiI/s400/m%C3%A9tronome.jpg" border="0" /&gt;Ici, aucune foule ne prenait le temps de grimper voir l’instrument. Nous étions quatre à observer ses oscillations régulières, nous avions le privilège d’un point de vue qui embrasse la cité vltavine. Le parc de Letna n’attendait personne mais il s’était malgré tout fait une beauté au cas où quelques groupes de joyeux visiteurs seraient venus arpenter ses allées. Seuls les cars délestés de leurs passagers patientaient dans un coin. Un énorme chantier suggérait un parking souterrain mais certains le disaient destiné à accueillir un aquarium. Juste en face des grues, le stade du Sparta dont la renommée footballistique n’était pas assez prestigieuse pour attirer le moindre touriste footeux quoique de temps à autre, un supporter plus motivé que les autres s’aventurait jusqu’à la grille où le vigile l’expédiait aussitôt à la minuscule boutique du fan club. La ville exprimait ici une modernité bruyante par des embouteillages et des travaux,… face besogneuse de la cité qui veut se mettre au diapason d’un temps présent qui n’a pas le temps de flâner. Nous avons bien tenté de n’en faire qu’à notre tête en poursuivant notre chemin tranquillement mais la rue nous repoussait sans cesse par manque de trottoirs, il fallait aussi slalomer entre les voitures pour traverser, le combat était inégal, nous avons rendu les armes. Un tramway bienveillant nous a cueilli à son bord pour nous conduire en des lieux plus hospitaliers. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ces temporalités signaient une certaine duplicité de Prague qui dévoile sans pudeur, son passé et tente de dissimuler ses projets moins romanesques. A la limite de la schizophrénie dans certains quartiers, la cité conserve malgré tout un charme indéfinissable mêlant les musiques du temps présent et des temps anciens sans trop de fausses notes. &lt;/div&gt;&lt;strong&gt;Avril 2008&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-5852844746274437350?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/5852844746274437350/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=5852844746274437350' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/5852844746274437350'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/5852844746274437350'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/06/lhorloge-de-matre-janusz.html' title='L’horloge de Maître Janusz'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGe68SNjCnI/AAAAAAAAALI/6VBcP4E3XHo/s72-c/horloge-7161.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-2696935686532208590</id><published>2008-06-25T12:21:00.000-07:00</published><updated>2008-06-25T12:32:14.043-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='perles de mer'/><title type='text'>Le dentiste de Santa Cruz de Tenerife</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGKcRte0eXI/AAAAAAAAAK4/FAK06YE07kk/s1600-h/tenerife+pÃªcheur.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5215903146529028466" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGKcRte0eXI/AAAAAAAAAK4/FAK06YE07kk/s400/tenerife+p%C3%AAcheur.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Au port de pêche de Santa cruz de tenerife, les voiliers se préparaient à la traversée de l’Atlantique. Il faisait chaud. Le mois d'octobre touchait à sa fin. L’ambiance dans la communauté des vagabonds des mers était débridée, euphorique. Nous parlions espagnol, français, anglais mélangeant allégrement les trois langues, y ajoutant les mains pour mieux nous comprendre. Les préparatifs étaient une affaire sérieuse. Mieux valait ne rien négliger. Un petit tour chez le dentiste pouvait s’avérer utile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes voisins étaient de malicieux suédois, de sympathiques britanniques, de discrets helvètes et, formant de loin le groupe le plus nombreux, de tumultueux français. Notre communauté de navigateurs au long cours, aventuriers du vent et intrépides solitaires de la première mini-transat qui devaient se lancer dans la traversée de l’Atlantique le 12 novembre 1977, comptait également un élégant américain et même un sombre polonais qui s’était installé un peu à l’écart, le long des flancs d’un chalutier russe. La flotte russe que tous, nous soupçonnions d’être constituée de bateaux–espions occupait le quai sud, les navires coréens accostaient au quai nord près des docks. Restait aux pêcheurs locaux la possibilité de décharger leurs prises le long d’une petite portion de quai près d’un vieux rafiot espagnol rouillé qui terminait ses jours en servant d’abri et de ponton aux pécheurs à la ligne qui, le dimanche taquinaient les quelques malheureux poissons égarés dans les eaux portuaires. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5215902522361897298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGKbtYRx4VI/AAAAAAAAAKw/9TX7TrMH12I/s400/tenerife+2.jpg" border="0" /&gt;La plupart d’entre nous, préparait activement la traversée de l’Atlantique. Les concurrents de la première mini transat, peaufinaient à l’extrême les détails de leur traversée. Sur tous les voiliers qu’ils soient de valeureux coursiers ou d’insouciants nomades, chacun s’affairait aux réglages, réparations, installations et tests de matériel. Les plus grands voiliers étaient à quai, les autres, s’amarraient à leur couple par taille décroissante. L’ambiance était festive tout autant que laborieuse. Il était hors de question de bâcler les préparatifs. La navigation hauturière ne s’improvise pas et la mer ne se laisse jamais apprivoiser. Si le matériel se trouvait au centre de toutes les préoccupations, il n’était pas plus envisageable de négliger la santé des marins. Imaginez donc, une rage de dents au milieu de l’océan, à des journées de navigation de tout service dentaire. Personnellement, je ne voulais pas du tout l’imaginer et pourtant, je pouvais la pressentir et même la ressentir par une anticipation qui n’avait rien à voir avec une vision extralucide mais qui sourdait, tout simplement, d’une douleur encore floue mais persistante irradiant d’une dent de sagesse ayant décidé de ne plus répondre à son appellation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En quête d’un navigateur ayant tâté de la fraise dans le cabinet aseptisé d’un dentiste du cru, je demandais aux uns et aux autres si, par hasard autant que par malchance, l’un d’entre eux avait vécu cette intéressante expérience. Sur le Cordula, battant pavillon suédois, je dénichais enfin un témoin de seconde main, Gunnar, spécimen blond aux yeux bleus, qui avait rencontré un homme ayant affronté cette épreuve. Il accepta de me transmettre le récit entendu d’un arrachage de dent chez un praticien de l’île de la Gomera. Mais c’est bien à contre cœur qu’il acceptait de me conter cet épisode car prétendait-il mieux valait ne rien savoir à l’avance. Son récit était dantesque, pas d’anesthésie, une grosse pince noire, la dent qui s’accroche à ses racines qui ne veulent rien savoir d’un déracinement, du sang qui coule à flot. Un scénario gore à faire frémir surtout si l’on doit tenir le rôle principal de l’histoire. Mais pour me réconforter, Gunnar m’assurait qu’il garderait pour le grand jour, une excellente bouteille de whisky afin que j’en ingère plusieurs verres qui compléteraient une désinfection autant qu’ils me soulageraient des affreuses douleurs dont je souffrirais obligatoirement après l’opération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rendez-vous pris, dans un cabinet dentaire de la ville de Santa Cruz de Tenerife, décidée mais angoissée à l’idée de ce mauvais moment à passer, je prends le mors aux dents et me voilà dans la salle d’attente feuilletant les revues people qui traînaient sur la table basse, rien de dépaysant jusque là. Aucun cri ne s’échappait de la pièce d’à côté dans laquelle officiait le patricien. Les patients ne ressortaient pas sur un brancard et semblaient ne présenter aucun symptôme d’extrême souffrance. A mon tour de pénétrer dans l’antre de l’enfer, le dentiste n’avait rien de diabolique, l’homme côtoyait la cinquantaine, cheveux rares et grisonnants, petit abdomen saillant du bon vivant qui tendait gentiment sa blouse blanche vers l’avant. Il a écouté mon problème avec le sérieux que lui confère sa fonction, a examiné l’objet du délit, a rendu son implacable verdict, arrachage immédiat. L’assistante, une blonde décolorée qui affichait un air blasé devant tant d’horreurs buccales, préparait les instruments qui ressemblaient singulièrement à ceux que je connaissais déjà en France. Une seringue s’approcha dangereusement de mes gencives. L’anesthésiant fit son effet, ça craquait sous la pince, la dent sortait par petits morceaux, le désagrément était mineur. Je me retrouvais amputée de ce bout de moi-même sans aucun regret et très très soulagée. Munie d’une boite d’antibiotiques, retour euphorique vers le port où je comptais bien, malgré l’absence totale de douleurs profiter de l’offre généreuse de Gunnar contre lequel je gardais une dent pour m’avoir menti comme un arracheur de dents.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5215903714397146498" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGKcyw9ITYI/AAAAAAAAALA/pR-SFJL3a_k/s400/teneriffe+francis.jpg" border="0" /&gt;Je l’assurais d’affreuses douleurs en lui expliquant que le récit qu’il colportait, était grandement sous estimé dans l’horreur et que seuls quelques verres de ce liquide ambré dont il m’avait vanté les mérites pourraient me soulager. Qui a bu boira c’est bien connu et la soirée n’a pas démenti ce dicton populaire. Je n’en conserve qu’un souvenir assez brumeux et je serai bien en peine de dire comment j’ai pu regagner mon voilier Athanor sans tomber à l’eau mais les dieux veillent souvent sur les marins éméchés. Par contre, je conserve parfaitement en mémoire, un lendemain cuisant avec des pulsations amples au niveau de la boite crânienne ainsi que des sensations houleuses dans la région stomacale et il aurait été bien injuste de ma part d’imputer cet état vaseux aux soins dentaires. Gunnar n’était pas en meilleur état mais lui, il craignait plus que tout depuis hier d’être obligé de se rendre chez le dentiste dans une île des Canaries. Quelques mois plus tard, de l’autre côté de l’océan, j’ai à nouveau rencontré l’équipage du Cordula dont le voilier mouillait dans le port de Trinidad. La ville célébrait le carnaval et Gunnar, comme tous les marins venus s’échouer ici, continuait à mordre la vie à belles dents. Nous avons a nouveau trinquer mais à nos retrouvailles cette fois.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Octobre 1977&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-2696935686532208590?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/2696935686532208590/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=2696935686532208590' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/2696935686532208590'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/2696935686532208590'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/06/le-dentiste-de-santa-cruz-de-tenerife.html' title='Le dentiste de Santa Cruz de Tenerife'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SGKcRte0eXI/AAAAAAAAAK4/FAK06YE07kk/s72-c/tenerife+p%C3%AAcheur.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-7988064248385280008</id><published>2008-06-21T08:16:00.000-07:00</published><updated>2008-06-21T08:48:19.245-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='abécédaire'/><title type='text'>I : Îles</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SF0fiM89FCI/AAAAAAAAAFk/6PqeysjNbq4/s1600-h/bora+en+fond.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214358616017802274" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SF0fiM89FCI/AAAAAAAAAFk/6PqeysjNbq4/s400/bora+en+fond.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;L’îlot au milieu des flots, dans son insularité salutaire&lt;br /&gt;Attend le bourlingueur sur ses plages éphémères.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Les îles, navires immobiles, que le vent chante et enchante. Définitivement ancrées au milieu des océans, esseulées ou en colliers, bijoux marins courtisés par les vagues, elles embarquent l’imaginaire vers des paradis égarés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est des îles prétentieuses qui se prennent pour des continents et d’autres, modestes qui se font à peine remarquer pour rester solitaires. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il est des îles merveilleuses au regard que la perfection de cartes postales rend ennuyeuses et monotones. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il est des îles ingénues sur lesquelles les enfants déposent leurs songes de flibustiers.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il est des îles bafouées, piétinées, défigurées auxquelles il ne reste que des larmes marines pour croire encore à leur existence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Convoitises d’aventuriers - apprentis Robinson - les îles, cocons d’exotisme, attirent les êtres en proie au syndrome du retour aux sources. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Bouts du monde singuliers sur lesquels, chacun croit renaître à lui-même. Ces univers miniatures, pièces de terre ourlées par les marées dans le vide de l’horizon où le temps se suspend, recomposent pour chaque voyageur le mythe de la création et de l’innocence. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-7988064248385280008?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/7988064248385280008/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=7988064248385280008' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7988064248385280008'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7988064248385280008'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/06/i-comme-les.html' title='I : Îles'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SF0fiM89FCI/AAAAAAAAAFk/6PqeysjNbq4/s72-c/bora+en+fond.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-3531832187718211620</id><published>2008-06-20T07:58:00.000-07:00</published><updated>2008-06-20T08:32:08.658-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='polynésie'/><title type='text'>Polynésie : on a gagné !</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SFvH14ni5iI/AAAAAAAAAFM/G-UW7xRngfg/s1600-h/barque.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5213980722156725794" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SFvH14ni5iI/AAAAAAAAAFM/G-UW7xRngfg/s400/barque.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Maupiti, samedi, beaucoup de familles étaient parties passer la journée sur les motus. La famille Eri chez qui j’avais pris une chambre, embarquait glacières, boite à outils, bidons d’eau, seaux et autres objets dans le bateau de pêche sur lequel le père officiait durant la semaine. Tepoe, la belle sœur et son mari Anapa, construisaient une pension sur le motu Auira, la maison d’habitation était terminée, l’électricité branchée sur panneaux solaires et ce jour-là était consacré à la peinture. Sur l’île, l’équipe de rugby de Bora Bora rencontrait cet après midi-là, celle de Maupiti, un match amical et animé. Le terrain était en plein soleil bordant le lagon. Les supporters pouvaient toujours aller se baigner lorsqu’ils ne supportaient plus la chaleur. Match à suspense où l’équipe de Bora l’a emporté à 22 à 20 pour Maupiti avec un essai collectif , une transformation et cinq pénalités de Moana.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne croyez pas que j’étais devenue spécialiste de ce sport, je n’avais même pas assisté au match. J’en avais juste entendu parler suffisamment longtemps pour être rentrée avec les vainqueurs à Bora par le Maupiti express. Les joueurs et leur fan club étaient arrivés au port dans le truck qui servait habituellement aux transports scolaires. Ils portaient des colliers de fleurs de tiaré qui embaumaient la cabine. L’un deux jouait du ukulele, l’entraîneur dispensait bons et mauvais points aux sportifs, les bières sortaient d’une glacière. L’ambiance était festive. Nos joyeux drilles parodiaient une chanson du cru « J’ai un problème dans ma plantation pourquoi rien ne grandit » qui devenait « J’ai un problème dans mon pantalon pourquoi rien ne grossit ». Ces rugbymen quel humour ! Il leur a été beaucoup pardonnés car ils étaient beaux, superbement tatoués et m’offraient des colliers de fleurs.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5213981466502132658" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SFvIhNhUc7I/AAAAAAAAAFU/rD5oh0_A3bw/s400/plage.jpg" border="0" /&gt;Le silence s’est établi solennel lorsque le Maupiti s’est engagé dans la passe Te Area. Etroite et dangereuse, elle ressemble à un chaudron de sorcière, bouillonnant et maléfique. La moindre fausse manœuvre aurait jeté l’embarcation sur la couronne récifale et aurait été immédiatement réduite en miettes. L’Alizé soufflait depuis plusieurs jours, la mer était formée, le bateau ruait un peu, nous étions en haute mer. Un grain s’annonçait, le vent a forci, la mer s’est encore creusée. Mais rien ne semblait ralentir le Maupiti express que le pilote menait comme une brute quelque soit le temps. Aucune délicatesse, il filait droit devant, ne négociait jamais les vagues et ne réduisait pas la vitesse. La coque était maltraitée, les passagers aussi. Les sportifs faisaient moins les fiers, ils sont tous rentrés dans la cabine, nous sommes restés quatre irréductibles à l’extérieur. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5213982285177145266" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SFvJQ3Upx7I/AAAAAAAAAFc/dYMyTcqcUHg/s400/zizou+bar.jpg" border="0" /&gt;A peine, le bateau engagé dans le lagon de Bora, les athlètes repointèrent leur nez dehors et se remirent à chanter et à boire. La troisième mi-temps s’annonçait bien. Ils se ruèrent sur le quai à la rencontre de leurs amis et de leurs familles. Rosina m’attendait dans la Mitsubichi, nous nous sommes offerts un apéro avant de rentrer. A la maison, Vatea, infirmière, ne travaillait pas ce soir-là, Mohina sa belle-soeur se reposait dans une chaise longue. 7 mois de grossesse, sur son ventre proéminent, le tatouage de l’oiseau se dilatait joliment sur fond de coucher de soleil.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Mars 2003&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-3531832187718211620?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/3531832187718211620/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=3531832187718211620' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/3531832187718211620'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/3531832187718211620'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/06/polynsie-on-gagn.html' title='Polynésie : on a gagné !'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SFvH14ni5iI/AAAAAAAAAFM/G-UW7xRngfg/s72-c/barque.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-7333848126653164566</id><published>2008-06-13T23:46:00.000-07:00</published><updated>2008-06-14T00:25:26.178-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bibliographie'/><title type='text'>La plume dans l'encrier de Gilles Lapouge</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SFNr-TUQT1I/AAAAAAAAAE8/2hsHQ-5XYQk/s1600-h/ocean+mch.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5211627911879085906" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SFNr-TUQT1I/AAAAAAAAAE8/2hsHQ-5XYQk/s400/ocean+mch.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; Gilles Lapouge pourrait être classé dans la catégorie écrivain voyageur mais il tient à dissocier les deux termes : écrivain et voyageur avec cette précision « Je voyage pour raconter mes voyages » Il affirme « qu’ un voyage non seulement n’existe qu’à partir du moment où on le convertit en encre mais encore que tout voyage, y compris dans les terres inconnues n’est que le souvenir d’une encre ancienne. ». Ecrivain, Il l’est définitivement, reconnu par ses pairs depuis longtemps. Voyageur, il l’est aussi sans conteste mais il développe l’esprit nomade qui fait du déplacement un mode d’être et son regard sur le monde porte sur des centres d’intérêt plus inattendus que ceux mis en lumière par la plupart de ses confrères. Ce qui le rend infiniment précieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« L’encre du voyageur » est un merveilleux recueil de textes dont certains ont déjà paru dans les revues La quinzaine littéraire, Le magazine littéraire et Géo. Certes un peu hétéroclite, il y est question de fées, de caillou, de lumière autant que d’îles, d’écrivains naufragés, voyageurs et de leurs voyages mais qu’importe. Gilles Lapouge est avant tout un talentueux raconteur d’histoires au langage fleuri, poétique, métaphorique et lyrique qui a su conserver un regard enchanteur et intrigué sur ce qui l’entoure, teinté d’un sens inouïe de l’humour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est érudit jamais pédant, passionné et enthousiasmant. Sous sa plume d’une verve éclatante, des mots qui se font rieurs et enjoués pour dire les anecdotes de voyages, les réflexions savoureuses sur les écrivains voyageurs, les histoires d’îles lointaines, les lumières nomades de l’Europe dont il fait collection. Sachant qu’il n’a rien a découvrir qui ne l’ait déjà été, il laisse de côté les ennuyeuses descriptions pour de surprenants détails que son regard décalé a su déceler. Il ne se prend jamais au sérieux et son autodérision est rafraichissante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le genre littéraire dédié aux voyages, Gilles Lapouge occupe une place à part et certains textes de ce recueil pourraient bien devenir des morceaux d’anthologie de la littérature voyageuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A mettre absolument et résolument dans ses bagages.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5211630114070609890" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SFNt-fHoP-I/AAAAAAAAAFE/21yOrqpkKNY/s400/perliere+2.jpg" border="0" /&gt;Extraits&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Depuis quelques années, nous disposons, grâce au festival de Saint-Malo, d’une nouvelle espèce littéraire, celle des « écrivains-voyageurs ». C’est une peuplade en plein boom car elle est favorisée à la fois par l’esprit du temps et par la mise au point d’aéroplanes excellents. »&lt;/em&gt; Les écrivains naufragés&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Je voyage pour raconter mes voyages. Quand je suis de l’autre côté de la mer océane, je ne peux pas aviser un araucaria sans le mettre en mots, sans en faire des noms, des verbes, des virgules, des participes passés, des futurs antérieurs. C’est seulement après l’avoir décrit que j’arrive à apercevoir mon araucaria. »&lt;/em&gt; Pourquoi voyagez-vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Sous chaque paysage rencontré, une peinture se camoufle. La nature en ce coin du monde est superbe mais elle ne se fatigue guère, elle imite les gravures. »&lt;/em&gt; Des îles, des alizés et la fuite des nuages&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« La ville de Paris s’est développée autour de son île. Rio de Janeiro, au bord de l’Atlantique. Londres, le long de la Tamise. Les villes indiennes se sont bâties autour des vaches : « Ah oui, va-t-on dire, les vaches de l’Inde, les vaches sacrées ! ah, oui, on connaît ! » Or, nous les avons bien regardées, les vaches. Elles ne sont pas sacréés pour un sou. Elles sont malignes : elles font croire aux hommes qu’elles sont sacrées et les hommes, qui ne sont pas malins comme les vaches, se sont laissés embobiner. »&lt;/em&gt; Impromptu indien&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Quand je fréquentais l'école primaire, je plongeais avec enthousiasme ma plume dans l'encrier du pupitre. Je prenais le temps de contempler la goutte de liquide noir ou bleu. Je la regardais comme le Créateur a probablement regardé le néant au moment où il se disposait à en faire un univers. J'étais un peu comme lui. J'allais donner vie, grâce au bout de ma plume, à un chat, à une peuplade, à un adjectif ou à une périphrase.Si j'étais en forme, je confectionnais des objets qui n'existaient même pas. Je leur fournissais des noms, je leur mettais le pied à l'étrier et ils partaient vivre leur vie. J'ai donné vie à des couleurs dont Newton n'eut jamais la moindre idée. Je formais des lettres que tous les alphabets, même l'égyptien et même le hittite, ont ratées, des animaux inexistants, des montagnes d'aucun continent. Je découvrais que Dieu n'est qu'un gros encrier. »&lt;/em&gt; Encres&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="left"&gt;L’encre du voyageur, Gilles Lapouge - Albin Michel&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;Prix fémina 2007&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Publiés chez Albin Michel&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;- Les Folies Koenigsmark, 1989, (Goncourt du récit historique), Utopies et civilisations, 1991,&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;- L'incendie de Copenhague, 1995, (Prix Cazes ; Prix Roger Caillois),&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;- Le bruit de la neige, 1996, (Grand Prix de l'essai de la Société de gens de Lettres).&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;- La mission des frontières, 2002 (Prix Joseph Kessel de la SCAM)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;- En étrange pays, 2003, (Prix Maurice-Genevoix)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;- Le Bois des amoureux,2006 (Prix du livre de Saint Louis et Prix de Printemps de la Société des Gens de Lettres).&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-7333848126653164566?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/7333848126653164566/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=7333848126653164566' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7333848126653164566'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7333848126653164566'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/06/la-plume-dans-lencrier-de-gilles.html' title='La plume dans l&apos;encrier de Gilles Lapouge'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SFNr-TUQT1I/AAAAAAAAAE8/2hsHQ-5XYQk/s72-c/ocean+mch.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-7253274569092922243</id><published>2008-06-09T08:36:00.000-07:00</published><updated>2008-06-22T12:35:33.680-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='République Tchèque'/><title type='text'>Là-bas à Marienbad</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SE1OeHZDgdI/AAAAAAAAAEU/Ac1ECfRsV-k/s1600-h/marienbad+train.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5209906623224709586" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SE1OeHZDgdI/AAAAAAAAAEU/Ac1ECfRsV-k/s400/marienbad+train.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Pour arriver jusqu’à Marienka Lanze depuis Karlovy Vary, le petit tortillard vert avait courageusement grimpé à travers bois, traversant quelques villages tranquilles. La Tepla qui croisait son parcours à plusieurs reprises, se gonflait des eaux de pluies récentes et de celles de la fonte des neiges, la rivière grondait, faisait le gros dos, allant son chemin dans le tumulte avec une persévérance obstinée. Le train ralentissait à l’approche des stations. Aux passagers de lui faire signe de s’arrêter pour être embarqués à son bord. Certains arrêts se marquaient le long d’un morceau de quai miteux sur lequel se dressait tant bien que mal un abri en métal rongé par la rouille et nous cherchions vainement d’où pouvait bien venir le voyageur en attente. Quelques gares, plus pimpantes, plus fréquentées aussi, se distinguaient de celles, plus nombreuses qui exprimaient la tristesse d’un certain abandon. Vodna, Becov, Tepla, Mrazov, Milhostov, Ulkovice…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le conducteur était bonhomme, il menait son équipage avec l’aisance que procure l’habitude. La contrôleuse, une jeune femme souriante, sortait de la cabine de pilotage dès que montaient les passagers, pour vérifier la validité de leur billet. Le train n’allait pas plus loin que Marienka Lanze avant de repartir dans l’autre sens vers Karlovy Vary, il ne connaissait que ce trajet entre les deux villes et l’effectuait plusieurs fois par jour, tout au long de l’année avec vaillance quelque soit le temps.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5209907493238035330" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SE1PQwcZU4I/AAAAAAAAAEc/EQXob_rRd0U/s400/marienbad-7397+maisons.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Marienbad cache bien son jeu pour qui arrive par le train. Les abords de la gare dissimulent habilement ses attraits par une ingénieuse banalité. Mais quelques stations de bus suffisent pour en appréhender les charmes. Aristocratique, légèrement hautaine, et sure d’elle-même, Marienka Lanze prend ses aises. Elle ouvre grand ses bras sur le paysage à l’inverse de sa rivale Karlovy Vary plus repliée sur elle-même et, n’hésite pas à se déployer paresseusement dans la vallée, osant même l’aventure par les chemins forestiers.&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214790823063921042" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SF6on9qxIZI/AAAAAAAAAKY/la60tCF5zh0/s400/marienbad-7407+kolonada.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Une atmosphère surannée se dégage de ce décor un tantinet décadent qui évoque avec force les fastes d’antan. Contrairement à Karsbad, la coquette, les demeures n’ont pas honte d’afficher une certaine fatigue qui renforce leur personnalité. Malgré tout, rien ne semble entamer le charme de Marienbad qui se sent éternelle. Les prestigieuses personnalités qui y séjournèrent : Chopin, Goethe, Freud, Gorki, Edouard VII d’Angleterre, Dvorak, la confortent dans ce sentiment. il se raconte que c’est pour elle que Faust vendit son âme au diable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce dimanche là, la ville somnolait sous un ciel bleu, fardé de légers nuages. Quelques poignées de personnes déambulaient autour de la colonnade (Lazenska Kolonada), étonnante structure métallique qu’un décor néobaroque enrichit abondamment. Quelques autres, testaient les effets bénéfiques des eaux thermales. Sur la terrasse, trois dames se pliaient au rituel de la gourmandise dominicale. Au classic café, l’ambiance feutrée, rendait le consommateur discret et les pâtisseries se dégustaient en silence. Nous avons fait de même. Puis délaissant les hôtels, gloriettes et autres bâtiments thermaux du cœur de ville, pour d'autres points de vue, la forêt nous a absorbé en douceur, un pan de neige s’accrochait désespérément à une piste dont le télésiège avait achevé sa mission saisonnière. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5209909501855855106" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SE1RFrIM8gI/AAAAAAAAAE0/pwVD4pT43Rs/s400/marienbad-7413+3+dames.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;Les chemins débouchaient presque immanquablement sur de discrètes demeures désireuses de conserver leur anonymat qui semblaient presque toutes se refaire une beauté avant l’été. L’après midi touchait à sa fin, le soleil caressait les toits et entrait en résonnance avec la dominante jaune de la ville. Dans un pub écossais, le propriétaire louait quelques chambres, les marches de l’escalier accueillaient des cactées. A chaque pallier une commode surmontait d’un miroir était couverte d’objets divers : bougeoirs, pierres, lampes,… La décoration de la chambre pouvait surprendre, elle hésitait entre un faux style « art nouveau » et une vraie tendance rococo, assez amusante. Le soir était tombé, les rues désertées rendaient la ville à ses souvenirs, à la nostalgie qu’elle sait si bien distiller à notre insu. Alors nous revenait en mémoire la voix cristalline de Barbara « La-bas à Marienbad…. Là-bas à Marienbad »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Avril 2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-7253274569092922243?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/7253274569092922243/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=7253274569092922243' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7253274569092922243'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/7253274569092922243'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/06/l-bas-marienbad.html' title='Là-bas à Marienbad'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SE1OeHZDgdI/AAAAAAAAAEU/Ac1ECfRsV-k/s72-c/marienbad+train.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-9031969598516020669</id><published>2008-06-06T08:23:00.000-07:00</published><updated>2008-06-06T09:03:30.485-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='istanbul'/><title type='text'>Istanbul : thé ou café</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEleLdSU2EI/AAAAAAAAAEM/au4s1xLR69U/s1600-h/thÃ©.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5208797994963753026" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEleLdSU2EI/AAAAAAAAAEM/au4s1xLR69U/s400/th%C3%A9.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; A peine, les portes du grand bazar ont-elles été ouvertes que Husseyin saisit son plateau pour y poser les verres remplis de thé. Ainsi démarrait le ballet de ce jeune serveur qui, tout au long de la sainte journée, allait, déambulant dans les allées de ce temple du commerce, tenant son plateau à bout de bras et distribuant à la demande, avec célérité et dextérité, la fameuse boisson ambrée aux marchands. Aucune négociation ne se déroule, aucune vente ne se conclue sans avoir dégusté un verre de thé. Combien peut-il se consommer de verres de thé en un jour rien qu’en ce lieu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps d’Istanbul, rythmé par le rituel du thé qui se boit sans aucune modération. « Cay, cay », le marchand de thé ambulant sur le pont Galata propose son breuvage aux pêcheurs à la ligne. « Cay, cay » un cri de ralliement, identifiable entre tous lancé par les vendeurs de thé de la ville tenant adroitement un plateau chargé à bout de bras qui sillonnent prestement les rues bondées, navigant entre les voitures et les passants pour livrer les verres tulipes sans renverser une goutte du précieux liquide. Vides, ces verres, déposés sur les pas de portes, les rebords de fenêtres, les marches d’escaliers et même le capot des voitures, comme apparus par enchantement, attendent patiemment la main qui mettra fin à leur abandon passager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5208794796678092994" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SElbRSvmmMI/AAAAAAAAAD8/U2qBV1-KaN0/s400/T+ou+Kf.jpg" border="0" /&gt;A l’ombre des treilles, dans le calme du jardin à thé, au pied d’un minaret, les hommes sirotaient lentement leur consommation. Les uns lisaient un quotidien mis à disposition des clients, les autres bavardaient et certains géraient leurs affaires courantes, téléphone portable dans une main et verre de thé dans l’autre. Le narguilé qu’il ne faudrait pas commettre l’erreur de fumer avec du café au risque de passer pour un béotien en la matière faisait le bonheur de quelques consommateurs. Sa fumée distillait une odeur suave qui ajoutait un soupçon de douceur et de sensualité au lieu. Je me fondais dans le paysage du jardin à thé, le soleil était au zénith, la chaleur se faisait pesante et les rues bruyantes. Cet îlot de tranquillité permettait d’oublier la ville. Le muezzin appelait à la prière. Le chant s’élançait depuis les minarets des mosquées d’Istanbul et le léger décalage entre chaque appel donnait à l’ensemble l’impression d’un chœur céleste planant au-dessus de la ville. Les banquettes ne s’étaient pas vidées pour autant. « Çay , çay », le garçon passait avec son plateau pour renouveler les consommations. Ainsi passait le temps dans le jardin à thé.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Si le thé a supplanté le "Türk kahvesi", "café turc" ou "café à la turque" pour des raisons économiques, ce breuvage n’en reste pas moins un marqueur de l’identité culturel. Noir comme une nuit sans lune, sa préparation répond à un rituel séculaire que le temps n’a en rien modifié. La préparation du café turc relève d’un art qui nécessite des objets, des techniques, une gestuelle et une terminologie spécifiques. Le café turc moulu finement, préparé en décoction, se fait dans un cezve, petite casserole à long manche et col étroit qui permet la formation de la mousse au moment de l’ébullition. L’objet, en cuivre ou en aluminium, fait partie intégrante de la vie des Turcs. Le sucre s’ajoute au café pendant la préparation, la quantité variant suivant le goût du consommateur: sade (sans sucre), az şekerli (peu sucré), orta (sucré), şekerli (très sucré). Quatre options qui vont de l'amertume dont on dit qu’elle est signe de virilité au sucré attribué à la féminité.&lt;br /&gt;Et dans les dessins formés par le marc de café lorsque la tasse a été retournée sur la soucoupe, l’avenir se dessine que certains déchiffrent. Il m’a ainsi été prédit une vie vagabonde, c’était il y a longtemps et l’homme qui m’annonçait ce futur était grec.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5208796985777870930" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEldQtxqWFI/AAAAAAAAAEE/Uj8DaXoZxCc/s400/jardin+%C3%A0+th%C3%A9.jpg" border="0" /&gt;Modestes ou sophistiqués, citadins ou ruraux, Il est des cafés de toutes sortes. Véritables lieux incontournables de la vie sociale, les plus sophistiqués ont le goût du luxe et les plus modestes, le charme de la convivialité. Les hommes jouent au tric trac, aux échecs, aux cartes. Dehors, il neigeait, nous étions trempées et transies de froid, nous avons poussé la porte d’un minuscule café, le poêle à bois diffusait une chaleur douce. Les volutes de fumée du tabac formaient un halo brumeux qui adoucissait le contour des visages. Une fois franchi le seuil, le temps se ralentissait. Un temps qui se mesurait à l’aune du tintement des verres et des tasses. Dans un coin, un vieux stambouliote égrenait son chapelet le regard s’échappant au delà du réel, tendu vers d’improbables rêves ou d’infinis souvenirs. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5208793344045842306" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SElZ8vRFf4I/AAAAAAAAAD0/0IRe4A0-hms/s400/jardin+%C3%A0+th%C3%A9+c1.jpg" border="0" /&gt;Thé ou café - dans ces moments-là, les deux boissons ont un goût inestimable, celui de la douceur de vivre. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Février 2003 - septembre 2006&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-9031969598516020669?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/9031969598516020669/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=9031969598516020669' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/9031969598516020669'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/9031969598516020669'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/06/istanbul-th-ou-caf.html' title='Istanbul : thé ou café'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEleLdSU2EI/AAAAAAAAAEM/au4s1xLR69U/s72-c/th%C3%A9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-6727636613900926189</id><published>2008-06-02T03:41:00.000-07:00</published><updated>2008-06-22T12:44:49.998-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='autriche'/><title type='text'>Vienne : La mort en liberté</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEPVZN1L-_I/AAAAAAAAADk/vFOd-57jQS8/s1600-h/wien+st+marx+friedhof+17.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5207240223356615666" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEPVZN1L-_I/AAAAAAAAADk/vFOd-57jQS8/s400/wien+st+marx+friedhof+17.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; Le cimetière Biedermeier de Sankt Marx n’accueille plus de morts depuis au moins un siècle. L’éternité y coule des jours tranquilles, à peine dérangée par les rares visiteurs qui s’aventurent au milieu des tombes. La mort, ici, se vit en toute liberté.&lt;br /&gt;Les allées sont entretenues par quelques jardiniers débonnaires mais les stèles abandonnées à elles-mêmes expriment l’oubli et signent d’un manière indéniable, le passage du temps. Ces alignements de pierres dressées se fondent et se confondent. Assaillies par une végétation luxuriante autant qu’envahissante, elles s’inclinent sous le poids des ans. Les inscriptions s’effacent, les regrets aussi. La rouille ronge les grilles de quelques concessions mortuaires.&lt;br /&gt;Lassés d’offrir leur protection aux défunts, les anges gardiens semblent tous gagnés par un profond ennui, leurs sculptures s’effritent, les bras tombent, les visages s’altèrent et certains ont même perdu la tête.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La matinée automnale exacerbe la tonalité définitivement nostalgique du cimetière, invitation à la méditation, au souvenir mais aussi à la célébration de la vie. C’est à peine si les bruits de la ville parviennent à troubler le calme du lieu.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214793801882658754" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SF6rVWof58I/AAAAAAAAAKg/g4FCsnoTm2E/s400/wien+st+marx+friedhof+20.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Au détour d’une allée, un monceau de fleurs recouvre une tombe solitaire. L’angelot qui en a la charge, semble gagné par la même morosité que ses compagnons. Sa main gauche tient un flambeau renversé. La tête posée dans la main droite, le séraphin s’abîme dans la contemplation douloureuse du modeste cénotaphe. Ci-gît Mozart.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enterré le 6 décembre 1791, dans un dénuement total au lendemain d’une courte messe sans musique, dite à l’extérieur de la cathédrale saint Etienne, la dépouille du compositeur a été déposée dans une fosse en compagnie de quinze autres corps. Selon l’usage du moment, personne n’a suivi le cortège. Le protocole funéraire encore en vigueur n’autorisait pas non plus les signes religieux ostentatoires, pas de croix et, l’anonymat pour les nécessiteux. Quelques années plus tard, Constanze, désireuse d’honorer la mémoire de son premier mari, a souhaité lui offrir une sépulture plus honorable. Les fossoyeurs lui ont indiqué le lieu de l’inhumation mais l’employé qui avait placé le corps de Mozart, étant déjà mort, l’endroit exact restait difficile à situer. Si la tombe est vide, elle n’en offre pas moins un espace de recueillement aux admirateurs venus rendre une visite de courtoisie, un humble hommage à ce musicien de génie. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Un groupe de jeunes enfants encadré par quatre femmes se dirige vers la tombe fleurie. Ils se tiennent par la main et avec tout le sérieux de leur jeune âge, concentrent leur attention sur les commentaires de l’une des accompagnatrices, le regard fixé sur l’arrangement floral et l’angelot devant lesquels ils se sont immobilisés. Puis ils repartent en sautillant et leurs rires cristallins réjouissent l’espace. Pour eux, le futur s’arrête tout juste à la fin de la journée, alors l’éternité, pensez donc, elle peut attendre ! &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Novembre 2003&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-6727636613900926189?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/6727636613900926189/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=6727636613900926189' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/6727636613900926189'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/6727636613900926189'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/06/la-mort-en-libert.html' title='Vienne : La mort en liberté'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEPVZN1L-_I/AAAAAAAAADk/vFOd-57jQS8/s72-c/wien+st+marx+friedhof+17.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-2670802454760228506</id><published>2008-06-01T09:12:00.000-07:00</published><updated>2008-06-09T09:03:41.363-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='perles de mer'/><title type='text'>Perles de mer : escale insolite aux Chagos</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEL1NdsgRzI/AAAAAAAAADM/A_U-Tv0ZjB8/s1600-h/idiot+wind.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5206993730852112178" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEL1NdsgRzI/AAAAAAAAADM/A_U-Tv0ZjB8/s400/idiot+wind.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;1973, au lendemain du départ du navire américain déportant les derniers habitants de l’île de Diego Garcia, la plus grande des îles de l’archipel des Chagos situé au milieu de l’océan indien, qui devenait une base américaine, Daniel et Danièle, deux Canadiens partis en voyage de noce autour du monde débarquent de leur voilier "Idiot wind" sur l’île désertée.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pépita et Lolita étaient sur un bateau mais aucune des deux ne tombaient à l’eau car elles avaient toutes deux la patte marine après plusieurs années de navigation. Aux heures chaudes, elles restaient affalées sur le roof, à l’ombre du tau, profitant du moindre souffle d’air pour aérer leur épaisse fourrure qu’elles portaient comme d’authentiques élégantes qui auraient voulu à tout prix s’afficher dans leurs plus beaux atours quelles que fussent les circonstances. "Idiot wind", un sloop de dix mètres, amarré au milieu du fleuve Maroni face à la ville de saint Laurent du Maroni, frémissait à peine sous l’imperceptible brise. Il battait pavillon canadien. A son bord, en plus des deux félins velus et vautrés sur le pont, deux voyageurs au long cours, Daniel et Danièle installés dans le cockpit jouissaient de la vie avec délice, feuilletant quelques revues artistiques ou laissant leur esprit vagabonder au fil du fleuve. Ils arrivaient de Belém do Para au Brésil et poursuivaient tranquillement leur remontée vers le Nord après neuf années passées à boucler le tour du monde. Ainsi, il leur avait fallu neuf rotations de la terre autour du soleil pour accomplir leur voyage de noce autour de la planète. Retour au pays après un périple amoureux qui avait pris son temps et les avait conduits sur tous les océans du globe. Le temps illusoirement suspendu par cette navigation au long cours soudain s’accélérait à l’approche du but ultime et Daniel qui n’avait pas eu l’impression de vieillir en cours de route, sentait brutalement toutes ces années lui tomber dessus. Il frisait une soixantaine réjouissante, elle abordait sereinement la cinquantaine. Les circumnavigateurs se demandaient comment ils allaient pouvoir négocier leur retour. Ils avaient en projet de s’installer dans une ferme et d’élever des moutons mais rien de définitif. Des moutons dont la laine dense formerait comme des vagues ondoyantes sur fond de verts pâturages. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5207200043175344898" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEOw2a_dewI/AAAAAAAAADU/t2CrnM9OCms/s400/pepita+et+lolita.jpg" border="0" /&gt;Histoire de prolonger ce temps marin, ils leur arrivaient parfois de raconter une étape étonnante, une rencontre insolite ou une anecdote piquante mais ils restaient discrets sur l’ensemble de leur périple comme s’ils voulaient conserver par-devers eux un trésor de souvenirs afin de ne pas le dilapider trop rapidement. Nos conversations animées nous conduisaient sans effort au cœur des nuits tropicales. Un soir qu’il avait été question des américains et de la guerre au Vietnam contre laquelle Daniel avait largement manifesté en son temps à New-York, ils s’étaient mis à relater une escale qui les avait marqués à tout jamais. En 1973, alors qu’ils sillonnaient l’océan indien, leur navigation les avait amenés à débarquer sur l’île Diego Garcia dans l’archipel des Chagos. Situé au cœur de l’océan indien, cet archipel s’étale sur une superficie de 50 000 km2. Sur le planisphère, les petites taches qui représentent les îles m’ont toujours fait penser aux larmes de l’Inde. Diego Garcia, Salomon et Peros Banhos, les trois îles principales, appartiennent au Royaume–Uni. Les « deux Daniels » ont accosté sur l’île le lendemain de l’ultime journée d’expropriation des habitants de l’île par les Britanniques. Les îliens avaient eu la nuit pour préparer leurs baluchons avant d’être embarqués contraints et forcés pour les Seychelles et Maurice. Un aller sans retour, leur île avait été louée pour cinquante ans par les Britanniques aux Américains qui allaient y installer une base militaire. Depuis 1966, par la ruse puis par la force, les Anglais avaient vidé l’île de ses habitants. Une déportation en règle malgré une condamnation de l’ONU.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos deux pérégrins aventureux ont conservé un souvenir très précis de l’impression d’irréalité qui les a envahies en parcourant les rues de la cité déserte. Les malheureux expulsés n’ayant eu que quelques heures pour empaqueter leurs biens, ont dû se concentrer sur l’essentiel et abandonner sur place, une grande partie de leurs possessions. Les portes restées ouvertes donnaient à voir des cuisines, pour la plupart propres et en ordre, avec parfois casseroles et vaisselle rangées à leur place habituelle - mais il n’y avait plus d’habitude - Le temps de la ville s’était arrêté. Agglomération, toujours fonctionnelle, sans personne pour profiter de ses services. Visitant les maisons, avec une timide angoisse, les deux « Daniels » s’attendaient à chaque instant à voir les propriétaires entrer et leur demander des comptes sur leur présence en ces lieux. Un âne brayait, colis trop encombrant pour être emmené. Plus loin c’était une vache et quelques poules abandonnées à elles-mêmes. Un sentiment d’infinie tristesse se dégageait de ce lieu. La ville frémissait encore de toute l’énergie vitale qu’elle abritait la veille. Devenue une coquille vide, son inexorable dégradation commençait déjà à produire ses néfastes effets. Les jardins offraient des légumes charnus qui n’avaient pas encore eu le temps de subir l’implacable loi de la jungle qui se joue entre les végétaux dès qu’ils peuvent jouir sans entrave de leur croissance naturelle.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les militaires américains dont le navire était mouillé dans une autre partie de l’île vinrent les trouver pour savoir à qui ils avaient à faire. Ils les autorisèrent à rester quelques jours le temps d’effectuer l’avitaillement. Nos deux marins canadiens ont séjourné une semaine au mouillage dans une baie abritée, ils ont fait le plein de légumes dans les potagers, de fruits dans les près et d’eau douce aux robinets puisque le ravitaillement constituait en partie la raison qui les avait conduits à faire cette escale. C’était simple, il suffisait de se servir. Mais ils ne sont plus retournés dans les maisons vides. Il leur paraissait indécent et désespérant de s’introduire chez des personnes que jamais ils ne pourraient rencontrer et remercier. Ils ont ensuite poursuivi leur voyage, pleins de ressentiments pour ceux qui avaient disposé des terres sans se soucier de leurs occupants.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Janvier 1980&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-2670802454760228506?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/2670802454760228506/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=2670802454760228506' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/2670802454760228506'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/2670802454760228506'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/06/perles-de-mer-escale-insolite-aux.html' title='Perles de mer : escale insolite aux Chagos'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SEL1NdsgRzI/AAAAAAAAADM/A_U-Tv0ZjB8/s72-c/idiot+wind.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-4008025368194832852</id><published>2008-05-23T08:38:00.000-07:00</published><updated>2008-05-23T10:10:52.457-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='abécédaire'/><title type='text'>T : transports</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SDbz5euzymI/AAAAAAAAAC0/NXaII5tY4Oo/s1600-h/Dromadaire+en+Peugeot.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5203614588300675682" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SDbz5euzymI/AAAAAAAAAC0/NXaII5tY4Oo/s400/Dromadaire+en+Peugeot.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;De tous les transports, mon préféré est le transport amoureux, celui qui conduit au septième ciel. Mais il est vrai que personne ne m’a jamais encore conviée à voyager sur un tapis volant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fil conducteur du voyage, les moyens de transports dans leur multitude et leur diversité ouvrent la porte de mésaventures inégalables plus ou moins plaisantes mais souvent inoubliables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’il fallait énumérer tous les moyens de transport que le voyageur peut être amené à emprunter au cours de ses périples, on obtiendrait une liste hétéroclite et pittoresque dans laquelle, la traction animale côtoierait les véhicules à haute performance technologique pour des vitesses de déplacement allant de trois à neuf cents kilomètres à l’heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voyageur n’a pas le ticket dans les transports collectifs locaux et personne ne lui fait de cadeau bien au contraire. Il devient momentanément un usager au même titre que les autochtones et aucun privilège ne lui est concédé. Soumis aux codes du cru qu’il lui vaut mieux connaître, dans la proximité voire la promiscuité d’un confort aléatoire, il lui est alors possible de savourer un moment de vie locale dans une ambiance brouillonne et désordonnée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patience et longueur de temps pour les déplacements au long cours qui créent immanquablement des liens plus ou moins tenus et plus ou moins durables. Sang froid et sérénité pour les déplacements minimes dans de modestes véhicules à deux ou trois roues, uniques en leur genre dont le chauffeur prend tous les risques pour vous conduire le plus rapidement possible vous débarquant blême et sans voix mais bien content d’être arrivé indemne à bon port. Résistance et vigilance pour les trajets juchés sur le dos d’animaux plus ou moins dociles et facétieux toujours prêts à vous abandonner au bord du chemin si l’occasion s’en présente.&lt;br /&gt;Circuler, il y a tout à voir ! Emprunter ce que vous voulez pour voyager mais osez le transport populaire qui prend le temps du déplacement au rythme du pays visité. Transports en commun qui n’ont rien de commun et transportent dans tous les sens du terme laissant des souvenirs impérissables. Emotions garanties.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-4008025368194832852?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/4008025368194832852/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=4008025368194832852' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/4008025368194832852'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/4008025368194832852'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/05/t-comme-transports.html' title='T : transports'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SDbz5euzymI/AAAAAAAAAC0/NXaII5tY4Oo/s72-c/Dromadaire+en+Peugeot.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-3079724392713000567</id><published>2008-05-10T12:53:00.000-07:00</published><updated>2008-06-09T09:01:48.010-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='istanbul'/><title type='text'>Istanbul : la crise de la noisette</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SCX_L6zPnyI/AAAAAAAAACs/sHlM3lUy8XA/s1600-h/eminomu+d.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5198841925096939298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SCX_L6zPnyI/AAAAAAAAACs/sHlM3lUy8XA/s400/eminomu+d.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;A Istanbul, rien ne permettait de se rendre compte de la gravité du problème posée par la noisette. Sur le chariot et dans les paniers des vendeurs qui se tenaient près des embarcadères, les petits fruits emballés dans des sachets en papier attendaient les gourmands grignoteurs qui les achèteraient. Je m’attendais à en voir des montagnes et à m’en gaver jusqu’à n’en plus pouvoir. Rien de tel et j’ai failli douter de la véracité d’une dépêche AFP du 14 août 2006 signalant le problème. Libé avait titré « Overdose de noisettes en Turquie » ce qui m’avait donné une folle envie de me précipiter chez l’épicier du coin pour en acheter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La noisette en crise, ce fait pourrait prêter à sourire si le malaise de la noisette ne touchait pas plusieurs millions de Turcs qui vivent de ce fruit. Avec plus de 80% de la production mondiale, la Turquie est en situation de quasi monopole. Mais, la production excède la consommation mondiale. Les cours s’effondrent. Les dizaines de milliers de producteurs de noisettes sévèrement touchés par la chute des prix sont en colère. Près de 100 000 personnes manifestaient fin juillet 2006 dans la petite ville d’Ordu sur la mer Noire pour que le premier ministre prenne les décisions qui s’imposaient afin de les sortir de ce marasme. Sept ministres se sont penchés sur l’épineux dossier de la noisette. L'Etat a décidé de racheter une partie du surplus pour le distribuer dans les écoles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tout cela n’a pas suffi pas à calmer les petits cultivateurs endettés qui n’arrivaient plus à écouler leurs stocks. Jusqu’en 2003, l’Union des producteurs de noisettes (Fiskobirlik), achetait les surplus aux petits producteurs et affichait des pertes annuelles moyennes de 50 millions d’euros que le gouvernement épongeait automatiquement. Le Fonds monétaire international (FMI) est depuis passé par là et l’Etat, sommé de réduire ses dépenses budgétaires a laissé tomber son soutien aux noisettes.&lt;br /&gt;Je ne sais si les écureuils turcs se réjouissent de la situation. Mais la banque française qui les a choisis pour en faire le symbole de son fonds de commerce devrait peut-être se faire du souci : thésauriser des noisettes n’est visiblement plus le bon moyen de s’enrichir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;septembre 2006&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-3079724392713000567?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/3079724392713000567/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=3079724392713000567' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/3079724392713000567'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/3079724392713000567'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/05/istanbul-la-crise-de-la-noisette.html' title='Istanbul : la crise de la noisette'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SCX_L6zPnyI/AAAAAAAAACs/sHlM3lUy8XA/s72-c/eminomu+d.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-8385038864610948268</id><published>2008-04-30T09:52:00.001-07:00</published><updated>2008-06-22T12:49:24.152-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='République Tchèque'/><title type='text'>Prague : Petrin plus près des étoiles</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SF6sXq4xp4I/AAAAAAAAAKo/H-CQ1M0Chf4/s1600-h/observatoire-7522.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214794941191006082" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SF6sXq4xp4I/AAAAAAAAAKo/H-CQ1M0Chf4/s400/observatoire-7522.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Il faisait froid, le printemps boudait encore la ville. Dans un bar où nous cherchions un peu de chaleur autour d’un café chaud, Milan, le gérant était aussi professeur de rockologie, un diplôme encadré en témoignait. Ce spécialiste de rock, fumait comme une cheminée en plein cœur de la Sibérie. La cité tchèque n’avait pas encore cédé à la déferlante anti-tabac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la station Ujezdé, le funiculaire conduisait au sommet de la colline Petrin en quelques minutes. Nous étions peu nombreux à sillonner le parc et un calme régnait qui accentuait la sérénité du lieu. Les courbes de la Vltava aux flancs desquels s’étirait la ville, se dessinaient paresseusement vers l’horizon. Au pied du mont, une foule dense grouillait dans Mala strana mais rien ne filtrait à cette hauteur. Nous étions au-dessus de la mêlée en quelque sorte. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5196946730070552786" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SB9DhDJ7sNI/AAAAAAAAACc/FYQNfpokM8w/s400/jardiniers-7517.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Quatre apprentis jardiniers apprenaient l’art d’organiser joliment une bordure au pied d’un mur en pierre. Le chien du jardinier en chef dormait, confortablement installé sur la doublure en fourrure synthétique d’une veste posée sur le gazon. Nous sommes entrés dans un petit jardin clos où une végétation de rocailles avait été disposée en un décor qui se donnait des airs sauvages et désordonnés sans trop y parvenir. Sur un hêtre au-delà d’un grillage un écureuil roux très affairé grimpait à vive allure. Un pic vert sur son nid semblait couver tout en nous observant avec une certaine inquiétude.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5196945956976439490" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SB9C0DJ7sMI/AAAAAAAAACU/uJ5tH5pXrHA/s400/stefanik-7516.jpg" border="0" /&gt;Nous attendions l’ouverture de l’observatoire. Un enfant jouait à cache cache autour de la statue de Milan Rastilav Stefanik. Il n’avait cure de cette figure légendaire qui fut l’un des fondateurs de l’Etat tchécoslovaque indépendant. Cet homme au destin hors pair, pilote émérite et astronome illustre, suivit une partie de ses études à l’observatoire astronomique de Meudon. Stefanik obtint la citoyenneté française en 1912, entra dans l’armée en 1914. En 1918, il fut nommé général de l'Armée française et décoré de l'ordre de la Légion d'honneur. Cet homme engagé dans l’action politique ne rêvait que par les étoiles. Il observa les cieux depuis plusieurs pays d’Amérique latine et d’Afrique. La comète Halley et l'éclipse de soleil le conduisirent en Polynésie, en 1910. Il mourut en 1919 dans l’accident de son avion, il n’avait pas quarante ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La femme chargée d’accueillir les visiteurs de l’observatoire affichait un immense sourire qui s’élargit encore lorsque nous lui avons acheté une photo du héros tchèque Stefanik. Nous étions les seuls visiteurs. Une sympathique jeune femme ouvrit pour nous le grand dôme. La couverture nuageuse n’autorisait pas l’observation d’objet purement céleste. Les objectifs furent braqués sur le sommet du belvédère que les constructeurs bâtirent en s’inspirant de la tour Eiffel et nous avons observé des gens, eux-mêmes observateurs de la ville. Au second télescope, l’objet céleste dans la ligne de mire était une cheminée d’usine. Notre virée cosmique ne parvenait pas à décoller. Néanmoins, à la manipulation de ces instruments de haute précision, la magie de l’aventure stellaire opérait. L’espace d’un instant le ciel nous appartenait. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;avril 2008&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-8385038864610948268?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/8385038864610948268/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=8385038864610948268' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/8385038864610948268'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/8385038864610948268'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/04/prague-petrin-plus-prs-des-toiles.html' title='Prague : Petrin plus près des étoiles'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SF6sXq4xp4I/AAAAAAAAAKo/H-CQ1M0Chf4/s72-c/observatoire-7522.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-5478853270074036057</id><published>2008-04-30T09:52:00.000-07:00</published><updated>2008-06-09T09:09:42.996-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='polynésie'/><title type='text'>Polynésie : les divagations du Vaeanu</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SBil1TJ7sJI/AAAAAAAAAB8/iTC2dQMeUyI/s1600-h/vaeanu.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5195084505265451154" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SBil1TJ7sJI/AAAAAAAAAB8/iTC2dQMeUyI/s400/vaeanu.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le Vaeanu, cargo désuet affiche un âge avancé sur ses flancs rouillés. Initialement immatriculé à Hambourg, il termine ses jours en faisant du cabotage entre les îles de l’archipel de la Société. Les soutes pleines en permanence, il transporte vaillamment tout, absolument tout. Dans les ports, son arrivée donne toujours lieu à une grande animation, l’épicier attend son chargement de légumes et autres denrées, le bistrotier, ses caisses de bières, Mareva souhaite que le salon en rotin commandé il y a trois semaines à Papeete n’ait pas été abîmé au cours du voyage, Jean se languit après sa mobylette et Bernard après la 4L d’occas’, une bonne affaire qu’il a conclue à Huahine, il y a peu…. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;En plus de toutes ces marchandises, le Vaeanu accepte à son bord, quelques passagers. Moyen le plus économique pour se déplacer d’une île à l’autre, il est le mode de transport privilégié des Polynésiens. Délaissé par les touristes pressés, il comble de joie les rares voyageurs buissonniers, peu soucieux de leur confort et pas avare pour un sou de leur temps, par le léger parfum d’aventures que son aspect plutôt inquiétant de vieux rafiot en fin de course dégage immanquablement. Il donne l’impression d’être en permanence au bord de la dislocation et parfois, il lui arrive de perdre ses boulons et ses plaques de tôle. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5195085046431330466" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SBimUzJ7sKI/AAAAAAAAACE/z7b1-pgkSBE/s400/sieste.jpg" border="0" /&gt;Le 29 mars 2003, il y avait un trou dans la coque. L’escale de Bora Bora a été plus longue que prévue, les marins ont allégé l’avant du bateau pour remonter la ligne de flottaison afin de pouvoir ressouder une plaque de métal. Et puis, le Vaeanu est reparti avec plusieurs heures de retard sur son horaire habituel. A bord, nous avons repris nos activités, dormir beaucoup, manger beaucoup et parfois, se laisser aller à la rêverie accoudé au bastingage, le regard perdu sur l’océan Pacifique. Rien ne vaut les voyages au long cours pour échanger quelques tranches de vie avec les autres passagers. Non, vraiment l’avion ne peut en aucun cas rivaliser avec les charmes du Vaeanu. Enfin, un peu, juste pour l’arrivée sur Bora Bora parce que la vue aérienne du lagon est tout de même époustouflante.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Chut ... ils dorment, Tuna'i (la dame en rose) m'a dit en me montrant ses amis "regarde les Tahitiens, ça pense qu'à manger, à dormir et à rigoler"&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le Vaeanu a été desossé en 2005 après avoir vaillamment accompli son temps.&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Février 2003&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-5478853270074036057?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/5478853270074036057/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=5478853270074036057' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/5478853270074036057'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/5478853270074036057'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/04/polynsie-les-divagations-du-vaeanu.html' title='Polynésie : les divagations du Vaeanu'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SBil1TJ7sJI/AAAAAAAAAB8/iTC2dQMeUyI/s72-c/vaeanu.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-4968115066730727222</id><published>2008-04-25T08:39:00.000-07:00</published><updated>2008-06-21T09:18:45.381-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='istanbul'/><title type='text'>Istanbul : Les chats en leur royaume</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SBIBpzJ7sGI/AAAAAAAAABk/q5N5VlWnA5o/s1600-h/chat+4.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5193215137929736290" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SBIBpzJ7sGI/AAAAAAAAABk/q5N5VlWnA5o/s400/chat+4.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;"Les chats d'Istanbul, explique el Gaviero, sont d'une sagesse absolue. Ils contrôlent complètement la ville, mais ils le font d'une façon tellement prudente et silencieuse que les habitants ne se sont jamais rendu compte de ce phénomène. Cela doit remonter à Constantinople et à l'Empire d'Orient. Je vais vous dire pourquoi: j'ai soigneusement étudié les itinéraires que prennent les chats à partir du port, et ils suivent toujours, sans jamais dévier, ce qui fut les limites du palais impérial. Celles-ci ne sont plus visibles car les Turcs ont construit des maisons et ouvert des rues là où se trouvait jadis l'espace sacré des oints de la Théotokos. Et pourtant les chats les connaissent d'instinct et les parcourent toutes les nuits, entrant et sortant des constructions élevées par les infidèles. Après quoi, ils montent jusqu'à la pointe de la Corne d'or et se reposent un moment dans les ruines de palais de Baltchernes. Au lever du jour, ils regagnent le port pour faire le compte des navires qui sont arrivés et s'assurer du départ de ceux qui quittent les quais. Mais le plus inquiétant, c'est que si vous amenez un chat d'un autre pays et que vous le laissez dans la port d'Istanbul, la nuit même, sans hésitation, le nouveau venu accomplit le parcours rituel. Ce qui veut dire que les chats du monde entier conservent dans leur mémoire prodigieuse les plans de l'auguste capitale des Commènes et des Paléologues."&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Alvaro Mutis&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;L’heure de la troisième prière a sonné et le vieil homme assis sous un platane qui se dresse près de la mosquée de Beyazit replie son journal, repose délicatement sur le sol, le chat venu se blottir contre lui alors qu’il lisait, avant d’entrer dans le lieu de culte. L’animal se dirige tranquillement vers un autre lecteur, saute sur ses genoux, l’homme interrompt à peine sa lecture pour caresser le félin qui, après deux tours sur lui-même se pelotonne confortablement avant de s’assoupir à nouveau.&lt;br /&gt;Le chat de la cité stanbouliote jouit d’une attention et d’un respect étonnant et, jamais je n’ai surpris l’ébauche d’un geste agressif envers ces nombreux quadrupèdes qui promènent leur nonchalante silhouette un peu partout dans la ville. Le chat vous aborde, vous reconnaît, vous adopte et tout lui semble permis. Indépendant et fier de nature, l’animal n’abuse pas de ses prérogatives. Istanbul leur a dédié un quartier : Cihangir, quartier des chats.&lt;br /&gt;L'attention particulière des habitants envers cet animal domestique viendrait de ce que le prophète Mohamed aurait, un jour, alors que l’heure de la prière avait sonné, déchiré un morceau de sa tunique sur lequel était endormi Muezza, son chat, pour ne pas avoir à le réveiller. Certains racontent même que c’est au prophète que le félin doit son aptitude à retomber sur ses pattes.&lt;br /&gt;Sans domicile fixe pour la plupart, ils flânent dans les rues, quêtent sous les tables des restaurants et se regroupent près des lieux de cultes et dans les cimetières. Traités avec bienveillance, ils peuvent compter pour le couvert sur les fidèles aux félidés qui les nourrissent abondamment, quant au gîte, ils se débrouillent très bien par eux-mêmes.&lt;br /&gt;En échange de ces largesses, les chats assurent consciencieusement leur fonction raticide silencieuse et utile pour les villes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’inverse, les chiens, moins bien lotis, se font beaucoup plus rares et réellement plus discrets dans les rues où ils sont quelque peu malmenés. Leur sort fut plus enviable au 19e siècle, les voyageurs européens Chateaubriand, Lamartine, Nerval, ont décrit les nombreuses bandes de chiens des rues de celle qui n'était pas encore Istanbul mais Constantinople. Chaque quartier avait alors ses chiens, vivant en bonne harmonie avec les habitants, faisant souvent office d'éboueurs ou de signal d’alarme pour les incendies.&lt;br /&gt;Leur sort bascule en 1910 : 30 000 chiens sont enlevés puis déportés sur l'île d'Oxia, au large d'Istanbul. Privés d'eau et de nourriture, ils vont s'entredévorer. Il semble que cette campagne d’éradication des chiens des rues intervenue un an après la déposition du sultan n’ait été en aucun cas dû à un quelconque principe de précaution ou de régulation de la gent canine et marquait plutôt une rupture symbolique avec l’ancien régime. L'attachement à ces chiens apparaissant à beaucoup de membres du nouveau régime comme un signe de superstition et d'obscurantisme.&lt;br /&gt;Les canidés subiraient encore des campagnes d'empoisonnement et de gazage. Je comprenais mieux pourquoi ces pauvres bêtes faisaient profil bas et rasaient les murs jusqu’à s’y fondre. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5214369458105350002" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SF0pZS4D93I/AAAAAAAAAKQ/HXcn2iDeEuU/s400/pigeons.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Côté ciel, des centaines de pigeons ont élu domicile dans les dômes et les arches des mosquées. Assises sur de petits tabourets, des femmes vendent des graines qu’elles déposent dans des coupelles pour les jeter facilement aux oiseaux. Un petit commerce dont bénéficie les pigeons aux aguets qui fondent en battements d’ailes désordonnés dès que ces friandises leur sont lancées par les touristes avides de photos souvenir, par les enfants ou ceux qui prennent plaisir du turbulent spectacle ailé. Le volatile truffé de parasites ne serait pas très fréquentable mais personne ne semble s’en soucier vraiment. La mouette, version aquatique du pigeon, occupe en nombre les berges du Bosphore et fait cortège avec force cris et piaillements aux bateaux de pêche dans l’espoir de récolter, quelques déchets de poissons jetés par dessus bord. Aux cris des mouettes et des corbeaux de la rive occidentale répondent le chant des rossignols de la rive orientale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5193219630465527938" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SBIFvTJ7sII/AAAAAAAAAB0/VTGUgoqSPjU/s400/coq+et+poule.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Plus inattendu dans une ruelle du quartier d’Eminönü, un petit coq au plumage chamarré couve des yeux une poule de même taille. Le couple appartient au serrurier qui les abrite sous son établi. La grippe aviaire ne les a pas encore touchés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Mais à la nuit tombée, il ne reste que les chats qui s’approprient les rues désertées pour en faire leur royaume.&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Février 2003 - septembre 2006&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-4968115066730727222?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/4968115066730727222/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=4968115066730727222' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/4968115066730727222'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/4968115066730727222'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/04/istanbul-les-chats-en-leur-royaume.html' title='Istanbul : Les chats en leur royaume'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SBIBpzJ7sGI/AAAAAAAAABk/q5N5VlWnA5o/s72-c/chat+4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-1124283684268232006</id><published>2008-04-14T09:46:00.000-07:00</published><updated>2008-04-14T10:04:21.018-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='abécédaire'/><title type='text'>V : Voyageur</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAONPQgMlxI/AAAAAAAAABQ/bUfkJu3gYZ0/s1600-h/belem+11.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5189146488928507666" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAONPQgMlxI/AAAAAAAAABQ/bUfkJu3gYZ0/s400/belem+11.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;« Dans le ciel, les pigeons voyageurs porteurs d’espoir, naviguent sur la caresse de l’azur vers de lointains horizons.&lt;br /&gt;Dame nature a donné un arbre à ces vagabonds célestes, ravenala madagascariensis, l’arbre du voyageur, éventail géant qui offre son eau et son ombre aux flâneurs bienheureux. »&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;De tous les voyageurs, la version flâneur a ma préférence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au gré de ses rencontres, son parcours suit la ligne sinueuse de ses émotions.&lt;br /&gt;Tel un collectionneur, il amasse les perceptions qui le traversent pour dessiner la carte impressionniste de son itinéraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’intuition plutôt que la raison lui sert de guide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se fait un ami du temps qu’il étire à volonté et sa vision intime et personnelle loin des savoirs encyclopédiques, touristiques, journalistiques, résonnent de silhouettes effacées, de phrases volées, d’oiseaux colorés, de pétales de fleurs fanées, de rires aux éclats, de rivières chantantes, de minuscules détails et de microscopiques événements qui tissent la vie de chaque instant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se garde des comparaisons inadaptées entre ici et là-bas, ne cherche pas à conforter de vagues opinions forgées au fil de lectures incertaines, ne se considère pas comme sujet référentiel. Ensemencé par le vent du lieu, éclairé par le chant des langues insoumises, enchanté par tant de différences, le rêveur du voyage glane des impressions auxquelles il abreuve son imaginaire, renouvelle ses perceptions, refonde sa vision du monde, engrange ses sentiments comme autant de pierres précieuses.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-1124283684268232006?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/1124283684268232006/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=1124283684268232006' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/1124283684268232006'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/1124283684268232006'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/04/v-voyageur.html' title='V : Voyageur'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAONPQgMlxI/AAAAAAAAABQ/bUfkJu3gYZ0/s72-c/belem+11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-4523579899015652044</id><published>2008-04-13T08:57:00.000-07:00</published><updated>2008-06-09T09:08:34.303-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='polynésie'/><title type='text'>La fille de Peeta</title><content type='html'>&lt;a href="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAIxWQgMluI/AAAAAAAAAA4/AJdKR004KV4/s1600-h/polynÃ©sie+peeta.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5188763979141125858" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAIxWQgMluI/AAAAAAAAAA4/AJdKR004KV4/s400/polyn%C3%A9sie+peeta.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Peeta-Peter affiche ses prénoms et son nom sur un avant bras musclé, un tatouage bien utile en cas d’amnésie ! Il s’appelle Peeta mais puisque tout le monde s’obstine à dire Peter, il indique les deux prénoms et chacun choisit. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de son copain Yvon et plus rien ne compte que de se torcher à l’Hinano au bistrot du coin pour fêter ça, accompagné par deux chiens bien sympas « Whisky » et « Bouchon ». &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;58 ans, originaire des Samoa, l’un de ses grands-pères était un norvégien. Cet ancêtre fabriquait des cotres en bois. Peter est veuf, sa femme est morte il y a quatre ans, d’un cancer, il ne comprend toujours pas pourquoi elle devait souffrir comme cela. Aujourd’hui, il cherche une nouvelle femme. On peut dire qu’il est honnête dans sa quête car à peine formulé son souhait, il informe que ça l’arrangerait bien pour tenir la maison et s’occuper des trois enfants. L’aîné a 16 ans, le cadet 12 et la benjamine 10. Ça a le mérite d’être clair. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il est plutôt bel homme, un regard clair, une poignée de main franche et un parler sonore. Quand ce n’est pas l’anniversaire d’un copain, il cultive des tarots et des pamplemousses et puis, il pêche bien évidemment. Il habite à la pointe de Maupiti, à côté de la plage d’Otue Terei’a qui se termine sur la barrière de corail. Un site merveilleux, presque personne n’y passe. Là, Yasmina, la fille de Peeta vient, après l’école, jouer avec l’un de ses frères. Aujourd’hui, ils entreprennent la construction d’un château de sable, sans grande conviction. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Cinq heures, Peter vient examiner la mer et le ciel, toujours flanqué des deux clébards. « C’est la nouvelle lune, c’est pour cela que la mer est agitée mais demain ça va s’arranger » commente t-il un peu pour moi, un peu pour lui-même. Puis je me retrouve seule et longeant la plage pour regagner la route, j’aperçois devant moi des centaines de coquillages progressant vers la mer. Vision un peu surréaliste de sables mouvants, les habitants de ces carapaces se posent et s’immobilisent lorsque je les approche d’un peu trop près, histoire de me faire croire que ce ne sont que de vulgaires coquilles vides. Mais dès que je leur tourne le dos, ils reprennent leur marche silencieuse tandis que, devant moi, d’autres s’arrêtent à leur tour. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La vie à Maupiti s’écoule tranquille, pas d’hôtel, quelques voitures dont on se demande bien quelle utilité elles peuvent avoir, l’île fait 9 kilomètres de long, rares touristes et aucun cargo, la passe est bien trop étroite et dangereuse pour qu'ils s’y risquent. Seuls le petit avion du vendredi et le Maupiti express, vedette rapide font le lien avec le reste du monde. Alors, le temps s’ est arrêté là et c’est bien ainsi. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;Février 2003&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-4523579899015652044?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/4523579899015652044/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=4523579899015652044' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/4523579899015652044'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/4523579899015652044'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/04/la-fille-de-peeta.html' title='La fille de Peeta'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAIxWQgMluI/AAAAAAAAAA4/AJdKR004KV4/s72-c/polyn%C3%A9sie+peeta.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-8675893469674655709</id><published>2008-04-08T23:31:00.000-07:00</published><updated>2008-06-09T09:06:23.382-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='autriche'/><title type='text'>Balade à Vienne et à Graz</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/R_xpzRSjZ6I/AAAAAAAAAAw/ujbrDYFJ9Qw/s1600-h/wien+rue.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5187137200359434146" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: pointer; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/R_xpzRSjZ6I/AAAAAAAAAAw/ujbrDYFJ9Qw/s400/wien+rue.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;« On voyait déambuler dans la large Ringstrasse, les habitants de cette ville, joyeux sujets de sa majesté apostolique, tous laquais de sa cour. La ville tout entière n’était que la vaste cour du château. »&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;span style="font-family:Arial;"&gt;Joseph Roth, &lt;i&gt;« La marche de Radetzky »&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;Vienne, parait toujours s’accrocher à sa position de ville impériale. L’architecture du centre historique en fait tant et si bien dans l’opulence qu’elle occulte Vienne la rouge, ouvrière et besogneuse. Quelques immeubles en verre tentent une timide percée moderniste dans l’enclave de la vieille ville. Les clichés exercent toujours leurs fonctions attractives. Autant les exorciser très vite. Non le Danube n’est pas bleu et son excentration le rend moins présent comme si la ville ne l’avait jamais entièrement accepté et qu’il avait fallu une valse pour lui accorder un regard. &lt;?xml:namespace prefix = o /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;Aux trésors intemporels du pouvoir impérial, nous préférions les plaisirs de l’instant : un cornet de pommes de terre, une saucisse moutarde et surtout du punch chaud avec une nette préférence pour la version asiatique aux cinq épices qui se laisse boire avec un ravissement certain. Cette possibilité de se sustenter dans la rue en composant son dîner au gré des baraquements où l’on se côtoie sans prétention, casse le cérémonial stéréotypé du restaurant d’une façon réjouissante. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/R_xoohSjZ4I/AAAAAAAAAAg/nOf_YawfpHI/s1600-h/cafÃ©+mozart.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5187135916164212610" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: pointer; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_Yljq6uW55p8/R_xoohSjZ4I/AAAAAAAAAAg/nOf_YawfpHI/s400/caf%C3%A9+mozart.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;Autre lieu, autre ambiance, au Café Mozart reconstruit après guerre, la surabondance de boiseries, de cuivres rutilants, de marbre, l’empressement des serveurs élégants dans leur costume noir contribuent à l’illusion d’un temps qui n’est plus. Parfois deux grandes bourgeoises entrent drapées dans leur élégance hautaine. Elles sont accueillies avec force sourire et salutations par des serveurs qui les accompagnent vers la table réservée. Alors le goût du chocolat chaud au Cointreau, de la sachertorte, de l’apfelstrudel ou de la glassierte nuss torte, se trouve sensiblement rehaussé par le piment de l’imaginaire qui nous entraîne instantanément soixante-dix ans en arrière.&lt;span style="color:navy;"&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;Les cochers, fouet et chapeau melon, attendent les promeneurs sur la Stephanplatz pour les mener dans leurs attelages le long du ring. La cathédrale se laisse toujours admirer et les figures grimaçantes d’une statuaire expressive et riche se moquent des visiteurs pressés qui se font une obligation de passer sans les voir pour remplir leur contrat de parfaits touristes.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;Mais les villes ne sont pas des musées. Vivantes et multiples, elles s’appréhendent selon une subjectivité qui se moque des guides touristiques. Certes les lieux de mémoire sur lesquels j’avais jeté mon dévolu faisaient inévitablement partie de ces ouvrages qui uniformisent le regard du voyageur mais par chance, ils y étaient relégués en troisième ou quatrième position des visites conseillées et ce classement leur évitait les foules envahissantes. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify" align="right"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;strong&gt;Novembre 2003&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-8675893469674655709?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/8675893469674655709/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=8675893469674655709' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/8675893469674655709'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/8675893469674655709'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/04/balade-vienne-et-graz.html' title='Balade à Vienne et à Graz'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp2.blogger.com/_Yljq6uW55p8/R_xpzRSjZ6I/AAAAAAAAAAw/ujbrDYFJ9Qw/s72-c/wien+rue.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1560736758249497730.post-1464652576586447944</id><published>2008-04-08T04:43:00.000-07:00</published><updated>2008-04-13T09:25:39.719-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='istanbul'/><title type='text'>Istanbul : un instant d’intemporalité</title><content type='html'>&lt;div style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/R_tb_RSjZ2I/AAAAAAAAAAQ/7cl_mP5sEjM/s1600-h/eminomu+d.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5186840538378364770" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: pointer; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/R_tb_RSjZ2I/AAAAAAAAAAQ/7cl_mP5sEjM/s400/eminomu+d.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;Premier séjour, février 2003, l’hiver sévissait, la neige donnait à Istanbul un air feutré à la limite de l’irréel. Avec, Sylvie, ma compagne de voyage, nous avons passé une semaine joyeuse et désordonnée à dépenser nos millions de livres turques sans compter, à commander plus de mezzés que nous ne pouvions en manger, à chercher un hammam qui était sous nos yeux, à entrer dans les pâtisseries pour nous gaver de délicieux gâteaux dégoulinants de miel, à boire du thé pour nous réchauffer sur le Bosphore, à fêter ses trente ans mais bien évidemment nous avons aussi visité autant de sites recommandés par les bons guides touristiques que nous pouvions. Au sortir des mosquées, le vendredi, les manifestants protestaient contre l’éventualité d’une guerre en Irak, rejoignant le chœur d’une manifestation plus vaste qui se déroulait à l’échelle du nord de la planète&lt;?xml:namespace prefix = o /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;Deuxième séjour, fin d’été 2006, un soleil flamboyant et des soirées douces sur les rives du Bosphore. La livre turque avait perdu des zéros et la ligne de tramway poursuivait sa route, trois stations au delà du pont Galata. Avec Mylène, nous avons passé une journée aux îles, une soirée en observation à Eminönu, nous avons admiré la plénitude de la lune chacune sur un continent différent, nous avons flâné à Taksim et bien évidemment nous avons visité quelques sites recommandés par les bons guides et marché, marché dans les ruelles, les avenues, le matin, le soir, plus ou moins au hasard. L’affaire du moment concernait l’envoi d’un contingent de l’armée turque au Liban pour une mission humanitaire et logistique. Plusieurs milliers de manifestants protestaient contre ce qu’il considérait être un soutien aux américains et aux Israéliens. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="FONT-FAMILY: arial"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;Les impressions glanées confortaient l’idée que la ville faisait semblant de se laissait apprivoiser pour mieux dissimuler sa complexité. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="FONT-FAMILY: arial; TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/R_tejBSjZ3I/AAAAAAAAAAY/4kqGvqaWdWQ/s1600-h/bateau+attente.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5186843351581943666" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: pointer; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_Yljq6uW55p8/R_tejBSjZ3I/AAAAAAAAAAY/4kqGvqaWdWQ/s400/bateau+attente.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Les romans des écrivains orientalistes du 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle : Lamartine, Loti, Chateaubriand,… tombés sous le charme d’Istanbul servent encore de matrice aux représentations que nous avons de l’Orient et bien que sachant ces descriptions largement surannées, il n’en reste pas moins que nous tombons sous le charme de cette ambiance dans laquelle plane tout l’imaginaire collectif de l’Orient. Parfois dans l’œil du viseur de l’appareil photographique, je me surprenais à chercher les images qui correspondraient le mieux à mes propres représentations d’Istanbul, un défaut qui nous colle à la peau en voyage, la recherche d’un exotisme. On débarque dans la ville chargée de ses clichés et l’on se trouve dans le tourbillon d’une métropole contemporaine. La ville turque est entrée dans le 21&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle avec ses contradictions et ses grands écarts, avec ses étonnantes cohabitations architecturales, religieuses, générationnelles, .peut-être un peu plus exacerbées qu’ailleurs en raison de la position géopolitique du pays. Et Istanbul est bien vivante, ancrée dans le présent même si au détour d’une ruelle, un sentiment d’intemporalité vous saisit qui fige l’instant pour vous mettre à l’abri du temps, juste pour mieux apprécier la ville- monde. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="FONT-FAMILY: arial; TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify" face="arial"&gt;Istanbul ne laisse personne indifférent. Comme toutes les villes que le poids de l’histoire et de la culture rendent attirantes, elle s’appréhende le plus souvent par sa partie ancienne, la corne d’or. Cette option se justifie par la richesse et la magnificence des édifices : mosquées, palais, bazars,… mais aussi par l’animation des rues. Mais il ne faudrait pas s’en tenir là. Comme toutes les villes, elle présente de multiples visages qu’il faut du temps pour découvrir. Je n’aurai aucunement la prétention de tous les connaître mais j’en ai retiré quelques impressions suffisamment fortes pour tenter de les transcrire et avoir l’envie d’y retourner en chercher d’autres.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="FONT-FAMILY: arial; TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="TEXT-ALIGN: justify"&gt;&lt;span style="font-family:Arial;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Marie-France vit à Istanbul depuis quelques années. Elle a déjà eu les honneurs de la presse en Turquie, notamment pour son blog &lt;/span&gt;&lt;a style="FONT-FAMILY: arial" href="http://dumielauxepices.net/"&gt;http://dumielauxepices.net/&lt;/a&gt; qui fait désormais référence, elle livre principalement la vie stanbouliote telle qu’elle la vit, telle qu’elle la voit. Bien écrit, richement illustré, ni trop intime ni trop distant, il offre un regard actuel sur le pays que les voyageurs feraient bien d’adopter avant de s’y rendre pour éviter de regarder vers le passé plutôt que le présent. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1560736758249497730-1464652576586447944?l=eclatsdememoire.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/feeds/1464652576586447944/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=1560736758249497730&amp;postID=1464652576586447944' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/1464652576586447944'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1560736758249497730/posts/default/1464652576586447944'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://eclatsdememoire.blogspot.com/2008/04/istanbul-un-instant-dintemporalit.html' title='Istanbul : un instant d’intemporalité'/><author><name>marine</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03179144264324035264</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='29' height='32' src='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/SAI7BQgMlwI/AAAAAAAAABI/mvZIrl483Vk/S220/mch.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://bp1.blogger.com/_Yljq6uW55p8/R_tb_RSjZ2I/AAAAAAAAAAQ/7cl_mP5sEjM/s72-c/eminomu+d.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
